Alors que la situation de l’assemblée demeure des plus confuses avec la dissolution prononcée de tous les organes de l’APC sans qu’aucune délibération suive, voilà qu’une lettre du SG de la municipalité adressée au wali complique davantage la position du maire et certains de ses adjoints montrés du doigts.
A défaut donc de l’officialisation de la dissolution des organes de l’assemblée qui devrait être entérinée dans une délibération censée sanctionner le vote d’une telle mesure qui n’a jusque-là jamais eu lieu, comme en témoigne d’ailleurs nombre d’élus concernés de différentes tendances, c’est un autre scandale, encore un, qui fait l’évènement autour de l’APC de Tizi-Ouzou. Il s’agit comme révélé dans une de nos précédentes éditions d’un “douteux” marché contracté avec un fournisseur privé portant acquisition de pièces détachées. Le montant global s’élève à plus de 50 millions de dinars. Dans sa lettre datée du 23 mai dernier, le SG de la commune ne cache pas ses doutes au wali auquel il s’adressait : “J’ai l’honneur de vous informer d’un cas de dépenses abusives, concernant l’acquisition de pièces détachées, dont la dépense ne relève d’aucune opportunité et dont les pièces acquises ne répondent nullement aux besoins de la commune en la matière. Faut-il préciser qu’il s’agit d’une deuxième facture de l’ordre de 24 949 489 DA et que la première faisait état de plus de 30 000 000 DA. Soit un total de plus de 50 000 000 DA, alors que les véhicules de la commune en panne depuis des mois n’ont pu être réparés faute de disponibilité de pièces détachées.” Voilà des mots du SG, du reste très clairs, qui soulèvent bien des interrogations sur cette transaction “inutile” à 50 millions de dinars. En effet, le SG met bien en évidence que “la dépense ne relève d’aucune opportunité…” “Ces dépenses dépensées (la redondance est du SG) à bon escient auraient permis à la commune d’acquérir des véhicules et des engins neufs pour les besoins des services, notamment les services de la voirie et de l’urbanisme qui ne dispose actuellement que d’un seul véhicule pour les missions sur chantier où des insuffisances ont été révélées tant au plan des délais qu’aux plan du du non-respect des normes techniques”.
Traduit dans un langage que tout le monde comprendrait dans le “non-respect des normes techniques”, il peut s’agir de toutes les rues dont certains entrepreneurs “honnêtes” usent parfois de connivence avec certains de ces agents de la municipalité censés assurer le contrôle et le suivi des chantiers. Comme placer, dans un réseau d’assainissement, des buses de moindres diamètres que celui porté sur la fiche technique, réduire la quantité de fer dans un mur de soutènement… Enfin tous ces turcs qui vous permettent d’économiser quelques billets, et parfois des millions…
Au fond, même si le SG ne le dit pas directement, dans la forme, ses écrits suggèrent de manière assez subtile la défaillance du service de l’urbanisme.
Car il serait quelque part grotesque de tenter d’expliquer “le non-respect des normes techniques” enregistré sur des chantiers par le manque de véhicules de service…
Le SG en cite un cas bien particulier dans sa lettre au wali : “Les 4 classes de Tassadort, lancées depuis 2006 à plus de 8 000 000 de dinars, vouées à la démolition, sans qu’aucune mesure soit prise à ce jour. Cette situation, qui ne doit plus durer, dénote le manque de suivi et d’attention quant au respect des règles en matière de gestion au niveau de l’ensemble des directions dont le courrier est transmis directement au bureau de monsieur le maire ou chez certains de ses adjoints, sans que je sois informé, en violation du principe de la hiérarchie indispensable tant en matière de contrôle que de suivi”. Le SG qui fait part, on ne peut plus clair, de son isolement par le maire et certains de ses adjoints (doit-on écrire d’ex-adjoints ?) souligne que c’est là un état de fait promu en une “pratique courante depuis mon installation et en dépit des notes adressées à l’ensemble des directeurs, les invitant à me soumettre leurs courriers respectifs pour vérification, contrôle et mise à jour des dossiers, dont certains sont gérés par des élus (…) Aussi, afin de mettre fin à ces interférences il est souhaitable d’instruire monsieur le président de l’APC sur le respect des attributions des membres de l’assemblée et de celles du secrétaire général”. Ainsi concluait le SG son courrier au wali. Une lettre qui en dit long sur la face cachée de l’APC. Celle-là même qui fait peut-être courir certains initiés pour se porter candidats.
Pour se donner beaucoup de mal à faire campagne. Pour devenir élus.
Pour ensuite acheter avec l’argent de l’APC 50 000 000 DA de “pièces détachées d’aucune opportunité…” Au fait que son-elles devenues ces pièces puisqu’elles ne “répondent nullement aux besoins de la commune en la matière” ? Dans son courrier, le SG n’a rien dit sur leur destination finale.
Rachid N.
