Le département de langue et culture amazighes de Bouira vient de réussir le rassemblement des universitaires de Tizi-Ouzou et ceux de Béjaïa autour de l’idée de s’occuper sérieusement de la terminologie inhérente à la linguistique, à la littérature et à la didactique. Il était temps ! Cette louable initiative, attribuée au tout nouveau département de Bouira permettra de mettre de l’ordre dans le désordre du amawal (lexique) amazigh. Un désordre, une anarchie lexicale perpétrée par des aventuriers improvisés néologues. Des “imusnawen” autoproclamés qui, à titre d’exemple, accoucheront d’aberration du type Aheckekoul pour traduire le terme chimie. Mais il faut reconnaître à la décharge de ces aventuriers qu’il y avait urgence à amazighiser le concept scientifique. En plus, aucune autorité habilitée ne s’est occupée sérieusement de la problématique. Il semblerait, selon ce que nous avons cru comprendre lors des journées d’études organisées à Bouira, qu’un travail en solo sur la question a été entrepris çà et là. Néanmoins, tout cela n’a aucun impact, tant que le travail en question n’a pas été soumis à l’appréciation des trois départements de langue. Et c’est justement cette idée de se réunir pour la proposition, création et formulation de besoin en termes de lexique qui a été arrêtée au terme de la rencontre de Bouira. Les trois départements ont convenu à réunir une base de données qui sera enrichie, avant son étude prévue durant octobre et novembre prochains à Bouira. Déjà, les docteurs Mohamed Akli Salhi, Meksem et Saïd Chemakh se sont engagés à mettre leurs travaux, via le net, à la disposition de l’ensemble des participants. Pour sa part M’hammed Djellaoui, le chef du département de langue et culture amazighes, s’est engagé à mettre à la disposition de ses hôtes le département pour les rencontres à venir. Ainsi, toutes les conditions semblent réunies pour aller de l’avant et permettre enfin à tamazight de s’autonomiser. A souligner que Dr. Hidouche, directeur du centre universitaire, Dr. Aissaoui, directeur de l’institut et son secrétaire général avaient manifesté leur volonté à réunir toutes les conditions pour atteindre l’objectif que se sont assigné les trois départements.
T. O. A.
