Azouza : sur les traces du héros

Le village natal d’Abane Ramdane a vécu une journée particulière, avec la célébration de l’anniversaire de son illustre fils. C’est en effet dans ce village de la commune des Ath Irathen, perché sur une colline à quelques battements d’ailes du majestueux Djurdjura, qu’un certain 10 juin 1920 est né celui qui marquera de son empreinte la guerre de Libération nationale dont il sera un dirigeant émérite. De nombreux invités ont rejoint les lieux : il y avait notamment des anciens moudjahidine, à l’image de Hocine Mohand Oubelaïd, Si Salem de Mekla, Si Omar Alalhiw, Ismaïl Ouguemoune et bien d’autres qui, malgré le poids des ans et une santé souvent marquée par les épreuves, ont tenu a être présents à ces rendez-vous de la mémoire. Des moudjahidate étaient également présentes, comme pour rappeler que la femme a été de tous les combats. Des personnalités étaient venues, tels Mohand Chérif Hannachi, ainsi que les plus hautes autorités de la daïra et de la commune. Une exposition retraçait le parcours du héros, avec en exergue son rôle de rassembleur des forces patriotiques. D’autres articles parlaient aussi des attaques indignes dont sa mémoire a fait l’objet. Un vieux nous dira à ce propos : « Quand on crache au ciel, les crachats vous retombent sur la figure ». On pouvait aussi admirer une statuette, reproduction en miniature de celle érigée au chef-lieu de la commune. Deux superbes fresques à son effigie ont été dévoilées au public, sous le son de l’hymne national, l’une à l’entrée et l’autre à la sortie du village. Elles ont été dessinées par un artiste de Tizi-Ouzou et la cérémonie a été prise en charge conjointement par la municipalité de Larbaâ Nath Irathen et la Maison de la culture de Tizi-Ouzou. La cérémonie fut l’occasion de prises de parole de la part du président du comité de village, du maire de Larbaâ Nath Irathen qui a tenu à dire que « même mort, Abane continue à déranger par sa droiture ». Des moudjahidine ont également retracé quelques événements de la guerre de Libération, notamment certains traits caractéristiques de l’action politique et militaire d’Abane. A son tour, Ali Abane dira que « l’envergure de l’architecte du congrès de la Soummam dépasse largement la dimension villageoise ou communale. C’est un homme intègre, rassembleur, mais exigeant, dont l’imposante stature politique fait corps avec le retentissement de la révolution algérienne à l’échelle continentale et internationale ». Si Salem de Mekla, ancien moudjahid, plongea l’assistance dans une atmosphère de recueillement, en reprenant la chanson hymne : Listiimar voulembayene, yedjad igoujilene… (le colonialisme malfaisant a laissé bien des orphelins). Ce fut pour tous un moment de grande émotion que d’entendre cette voix cassée par les peines et les années, chanter la révolution au lieu de naissance de sa figure de proue.

M. Amarouche