Le marché d’Ahechad prend de l’ampleur

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Appelé aussi marché de l’hôpital, le marché d’Ahechad qui se tient chaque dimanche matin, est en train de prendre de l’ampleur, ces derniers temps. Personne ne peut dire exactement la date de sa création qui remonterait à l’époque où les sœurs blanches géraient l’hôpital actuel, tout proche. Durant les jours de visite, les vieilles femmes de la région troquaient (plus qu’elles ne vendaient) qui une poule, qui un lapin ou un potiron. Devenues gênantes de par leur nombre, sans cesse grandissant, les vendeuses qui furent chassées de l’hôpital se redéployèrent alors, quelques centaines de mètres plus loin, pour former le marché actuel d’Ahechad. Du fait que la majeure partie de sa clientèle et des marchands est composée par la gent féminine, il est désigné sous le nom de “souk des femmes”. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles il est toléré par les riverains. Les produits de basse-cour, les lapins ou autres objets artisanaux formaient, aux côtés des légumes du jardin familial, l’essentiel de la marchandise qui y était exposée. Ce qui semble ne plus être le cas, maintenant, puisqu’avec l’apparition de la friperie, les articles de ménages et autres, le marché tend à diversifier son offre. Aux femmes des villages voisins, sont venues s’adjoindre celles de contrées plus éloignées alors que les hommes, entrés timidement au départ, commencent eux aussi à s’installer durablement. Des camionnettes proposant des effets vestimentaires, des fruits et légumes et autres se font chaque dimanche plus nombreuses.

Les commerçants de l’agglomération ne voient, d’ailleurs pas, d’un bon œil la présence de ces intrus venus concurrencer leur activité. Les vieilles vendeuses se sont adaptées au marché moderne et peaufinent même leur langage. Il n’est pas rare d’entendre l’une d’elles dire : “Ça vient de France” ou alors “de l’étranger” à propos de la robe ou de la paire de chaussures qu’elle exhibe, à la vue des passants. Ces derniers temps, nous avons remarqué une tendance à l’extension de l’aire de vente qui s’étire vers l’hôpital d’un côté et vers Ath Khlef de l’autre, de manière un peu désordonnée. Les habitants de la région, quant à eux, ont des avis partagés sur le marché. Si certains souhaitent le voir carrément démantelé, d’autres aimeraient qu’ils gardent son cachet féminin des Ath Menguellet tout en veillant à ce que vendeurs et clients en soient issus.

A. O. T.

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