La situation sociale des 16 étudiants Touaregs de Kidal (Mali) inscrits depuis trois ans à l’université de Béjaïa, est alarmante.
Venus dans le cadre des accords d’Alger du 4 juillet 2006, ces Touaregs ne bénéficient que d’une bourse d’études égale à celle des étudiants algériens, c’est-à-dire, d’une valeur de 2700 DA par trimestre, dans le meilleur des cas.
Comme conséquence, certains d’entre-deux n’ont pu, à ce jour, rejoindre leur région, Kidal au Mali, afin de passer leurs vacances avec leurs familles. Les circonstances les contraignirent de les passer à Alger en vendant des objets artisanaux traditionnels touaregs pour se faire un peu d’argent de poche.
L’année dernière, un étudiant tombé gravement malade, et n’ayant pas les moyens de se soigner, n’aurait été sauvé que par la solidarité de ses compatriotes. Les conséquences désastreuses de cette situation sociale ne se comptent pas sur le bout des doigts.
Le Mali n’a pas l’air de les considérer comme étant ses ressortissants à l’instar des autres Maliens étudiant en Algérie, qui bénéficient de tous les avantages, au point de refuser de leur établir des cartes consulaires sous prétexte qu’ils ne sont pas entrés en Algérie par la voie des institutions maliennes.
C’est l’Algérie qui s’est occupée de leur transport à la région frontalière Bord Badji Mokhtar avant de rejoindre Alger par vol militaire en décembre 2006.
Depuis, l’Algérie les a « oubliés » et le Mali ne les considère pas comme les autres Maliens non-Touaregs, car, en plus des 16 inscrits à l’université de Béjaïa, 25 autres sont éparpillés entre les universités de Tizi Ouzou, Constantine, Oran, Chlef, Khenchela et Adrar.
Enfin, il est utile de savoir que les accords d’Alger du juillet 2006, ont été signés entre le gouvernement malien et les révolutionnaires Touaregs de kidal qui avaient pris les armes le 23 mai 2006 en revendiquant un statut de large autonomie pour leur région.
L’Algérie avait assuré la médiation qui a abouti à ces accords. Les Touaregs, qui croyaient naïvement que le problème allait être réglé, ont été jusqu’à abandonner l’alternative autonomiste.
Malheureusement, les étudiants, que nous avons rencontrés dans la capitale des Hammadites, nous ont appris qu’actuellement, ils ne demandent que les conditions minimales de… vie !
Amastan S.
