Le chantier de gaz face aux obstacles naturels

Partager

Après avoir été retardé de longs mois par des oppositions de riverains qui contestaient la tracé et ont amené sa modification, voilà que les engins de Cosider se trouvent en face d’un grand talweg d’une vingtaine de mètres de profondeur et autant de largeur. Ce ravin dénommé “Ighzer nevlaagane” est un obstacle apparemment infranchissable. La conduite ne peut bien sûr par suivre les contours de ce relief abrupt. L’opération de la combler avec des apports gigantesques de terre s’avère une gageure, parce qu’en hiver les crues finiront par tout emporter. On se souvient qu’en 1974, la puissance de la crue avait arraché tous les arbres de la berge et drainé des rochers gigantesques.

Il y a quelques jours, peu avant le site talweg, un bulldozer s’était déjà englué, les chenilles enfoncées dans la terre gorgée d’eau. Il a fallu ramener un autre engin qui difficilement arriva à soustraire le mastodonte mécanique à sa prison de boue.

Le chantier avance pourtant, en dépit de ses embarras, soutenu par les maires des communes d’Aït Aggouacha et d’Aït Oumalou, qui ont, il faut le rappeler, mis tous leurs efforts pour convaincre les propriétaires. M. Saidani, maire d’Aït Aggouacha, nous a confié avoir sillonné la région algéroise, poussant jusqu’à Blida pour trouver les propriétaires et recueillir leurs signatures. Le gaz de ville est impatiemment attendu par la population de toute la région qui s’informe de l’avancée des chantiers d’amenée. Ce rythme est tributaire du relief capricieux et imprévisible.

Du blé dur semé fin mars en bon état

Un agriculteur a pris le risque d’embrayer 5 h de blé dur les 29 et 30 mars, à contre saison, à Thanouart, à la limite nord de la commune d’Aït Oumalou. On ne prédisait pas du tout un comportement végétatif normal à cette culture mise en terre 4 mois après la période normale de semis alors qu’elle devrait être déjà au stade de tallage. Contre toute attente, la culture de blé dur variété vitron, se porte bien et promet même un rendement appréciable. L’irrigation d’appoint, à la cadence d’un apport hydrique tous les quinze jours, et un sol riche, ont fait des merveilles. Le blé est actuellement au stade pâteux et l’épi a une bonne dizaine de centimètres de longueur.

Seul le tallage parait insuffisant puisqu’en raison de la période très avancée, l’agriculteur n’a pu procéder au roulage, technique habituelle, qui en écrasant le maître brin, augmente considérablement le nombre de talles par pied.

Le désherbage a été bien sûr effectué et a permis d’éviter la compétition des mauvaises herbes pour l’eau et les éléments fertilisants du sol. Nul doute que cela devrait intéresser les spécialistes en la matière. Il faut souligner que les agriculteurs, au niveau national d’ailleurs, se plaignent des règles draconiennes mises en place pour l’acquisition des engrais.

M. Amarouche

Partager