Transport de voyageurs, c’est l’anarchie totale

Des terrains vagues n’ayant connu aucun aménagement et que les pouvoirs publics qualifient sans rougir d’agence ou stations de bus, des véhicules qui eux sont entretenus mais sauvagement exploités par leurs propriétaires affichant un mépris total envers les voyageurs les exposant à des dangers réels, sachant que certains d’entre eux pratiquent cette activité sans aucune autorisation, de façon clandestine et cela exception faite, pour quelques minibus qui assurent la desserte M’chedallah-Bouira et M’chedallah-Akbou et offrant un minimum de commodités tel est l’image actuelle qu’offre la région.

Concernant les fourgons aménagés servant aux transports de voyageurs à travers toutes les communes de la daïra, ils offrent le même décor : sales, rouillés, usés, plus incroyables encore, ces véhicules utilitaires se distinguent par leur excès de vitesse et rivalisent même avec d’autres transporteurs pour le maximum de navettes entre le chef-lieu de la daïra et celui de leur commune respective et cela, bien entendu, aux fins d’arrondir et gonfler les recettes de fin de journée le reste, et tout le reste, est pour eux secondaire ; ni le confort et encore moins la sécurité du voyageur ne leur causent du souci.

Des portières qui ne se ferment pas car tordues et déformées, des ressorts des sièges qui vous font mal aux fesses, la garniture intérieure n’étant plus qu’un souvenir, de la graisse noire qui dégouline des rails des portières coulissantes éclaboussant les voyageurs auxquels s’ajoutent des boules puantes de chique à priser enrobées à la mode dans du papier à tabac jonchent le plancher, mélangées aux crachats et bien souvent des vomissures.

Toutes ces saletés repoussantes visibles à l’œil nu confirment on ne peut mieux que ces véhicules ne sont pas nettoyés en fin de journée comme stipulé par la réglementation en vigueur.

Avant de rejoindre son siège, il faudrait d’abord patienter longtemps au niveau de l’arrêt ne comportant aucun équipement ni banc ni abri, qu’il vente ou qu’il pleuve, l’on est contraints de subir les affres d’un climat qui est loin d’être clément, hiver comme en été, de plus, au moindre mouvement, il faut faire attention où mettre les pieds à cause des innombrables nids-de-poule ; les fractures, torsions et autres foulures sont monnaie-courante en ces lieux et dont en sont victimes les personnes âgées et les malvoyants.

Au niveau de l’agence de M’chedallah, qui est le point de ralliement de toutes les destinations à travers la daïra, il est fréquent de voir la police établir un barrage de routine à l’entrée, mais les agents se contentent bien souvent de régler la circulation ou dresser des P. -V. à quelques… sans papiers qui exercent dans ce créneau. Cette agence, n’étant qu’une vulgaire plate-forme aménagée à côté de l’hôpital, est beaucoup plus nuisible qu’utile.

Au moment où l’Etat s’est engagé dans la bataille de modernisation du transport par la réalisation d’autoroutes, autorails et autres ports et aéroports sophistiqués ultramodernes, il est désolant de constater que ces régions du pays profond ne suivent pas et se confinent dans l’archaïsme et le laisser-aller aux retombées négatives sur la population, son développement et son progrès de manière générale.

Ne pense-t-on pas que ce cas de figure entacherait l’image d’un pays en voie de modernisation ?

Oulaid Soualah