Tant attendu et revendiqué par les syndicats autonomes de la fonction publique, le débat sur le dossier du régime indemnitaire s’est ouvert hier, en présence du ministre de l’Education nationale et de sept syndicat (Cnapest, Fnte, Snapest, Snte, Snapap, Satef et Unpef). Les syndicalistes présents à cette rencontre qui ont des réserves sur cette réunion, n’ont pas caché leurs craintes de voir leur proposition négligée comme cela été le cas pour l’élaboration du statut particulier. Lors de sa réunion avec les syndicats du secteur de l’éducation nationale, tenue au niveau de son département, le ministre a procédé à l’installation de la commission mixte chargée du projet relatif au régime indemnitaire composé de sept syndicats, et qui sera présidé par le premier responsable de l’Education nationale. Plusieurs problèmes ont été soulevés par les différents syndicats. Ils ont évoqué les primes qui sont calculées à l’ancien salaire de base, l’inflation galopante qui n’est pas maîtrisée, et le pouvoir d’achat qui est tout le temps érodé. Lors de son intervention, le ministre a tout d’abord expliqué aux syndicalistes que les moyens financiers sont limités, à cause de la crise économique. Ajouter à cela les moyens financiers colossaux que la tutelle compte débourser durant le prochain quinquennat. Cela veut dire que le département de Benbouzid prévient dès le début, qu’il n’y aura aucune augmentation. En réponse à ce qu’a annoncé le ministre, le coordinateur national du Cnapest a déclaré que « s’il y a une crise financière, elle doit être appliquée sur tout le monde, notamment les députés ». En ce qui concerne les 4 200 logements de fonction, le ministre de tutelle a souligné que ces derniers sont destinés exceptionnellement pour couvrir le manque d’enseignants dans certaines régions du sud du pays. Les mauvais résultats enregistrés dans ces régions, selon lui, sont dus à un certains nombre d’insuffisances qui reviennent au manque d’encadrement, notamment en français, en philosophie et en mathématiques. Pour pallier ces insuffisances, le département de Benbouzid a opté pour l’ouverture d’un poste budgétaire à chaque enseignant et en mettant à sa disposition un logement de fonction. Une dizaine de wilayas sont concernées par ces logements, entre autres Tamanrasset, Adrar, Illizi, Bechar… Il dira que 90% de ces 4 200 logements reviennent aux enseignants qui auront la tâche de couvrir le manque d’encadrement alors que les 10% seront destinés aux enseignants qui habitent loin du lieu de leur travail. Interrogé sur la réaction des syndicats qui n’ont pas été invités à la réunion, à savoir le CLA, le ministre a répondu qu’il ne va pas inviter des syndicats qui ne sont pas agréés. Nonobstant à cela, il a signalé qu’il est prêt à les recevoir s’ils ont des doléances à présenter. Par ailleurs, le président du Snapest s’est dit mécontent si la tutelle compte s’éterniser dans le régime jusqu’à 2012.
Ceci est inacceptable, selon lui. « Pas question de lâcher le point relatif à l’application du régime indemnitaire avec effet rétroactif à partir de janvier 2008 », a-t-il tonné. Le ministre, par contre, a affirmé que cela ne dépend pas de la tutelle mais du gouvernement. Le Snapest et le Cnapest ont d’ores et déjà menacé de réinvestir le terrain de la protesta si leurs doléances ne sont pas prises en charge.
Lemya Ouchenir
