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On cultive des… épines

C’est tout simplement scandaleux et révoltant ! Une surface irrigable de près de 10 ha incluse dans le périmètre cédée à la coopérative agricole de M’chedallah par les domaines, des terres appartenant aux colons, et devenues «biens vacants» après l’indépendance, sont à l’heure actuelle complètement abandonnées et ne produisent depuis plus d’une dizaine d’années que des épines hautes de près de deux mètres qui forment un tapis uni à perte de vue.

Ces épines hirsutes provenant des tiges centrales de la carde sauvage donnent à ces terrains incultes l’image d’une véritable savane tropicale à laquelle ne manquent que les tigres et les antilopes pour compléter le décor. Ces espaces appelés honteusement «la pépinière” étaient jadis des vergers florissants qui ont fait la fierté des plaines de M’chedallah.

La prodigieuse croissance de ces épines est la preuve indiscutable que ces terres sont hautement fertiles avant que la bêtise humaine ne les transforme en une… mini jungle à l’aspect effrayant qui aurait pu inspirer Alfred Hitchkock pour la réalisation dess films d’horreurs.

Ces terres sont traversées en plein milieu par la RN 30 avec au centre le carrefour M’chedallah-Béjaïa d’où transitent tous les officiels de la région et pourtant aucun d’eux ne s’est montré choqué par cette vision cauchemardesque. Quelques sages du aârch de M’chedallah se sont révoltes et ont dénoncé cet état de faits, pourtant leur protestation est restée sans écho. Les pouvoirs publics continuent à ignorer la lamentable situation de ces terres qu’ils regardent quotidiennement sans les “voir”, habitués qu’ils sont à ce panorama peu honorable qui a fini par être banalisé comme beaucoup d’autres choses choquantes qui ne semblent nullement déranger les gestionnaires de la chose publique. Bien que des agriculteurs aient essayé d’approcher les services des domaines pour louer ces terrains abandonnées, et les mettre en valeur, ils racontent avoir essuyé un niet catégorique sans aucune explication. C’est à ne rien comprendre au moment où l’Etat s’est engagé dans une rude bataille pour tenter de fertiliser les étendues sablonneuses du sud, voilà qu’au nord on laisse en jachère des terres qui sont un véritable filon d’or devenues inutiles même pas pour servir de pâturage au cheptel car ne produisant que des épines, des terrains plats et irrigables de surcroît et qui appartiennent à l’Etat, ce qui donne automatiquement un droit de regard à n’importe quel officiel ou élu locaux et demander des comptes aux gestionnaires de ce domaine et s’enquérir des raisons de leurs abondons.

De plus, à l’heure actuelle, les hautes herbes sont sèches et sont devenues un véritable danger pour les habitations et à plusieurs édifices publics qu’encercle cette végétation dense et fournie qui forme une haie.

Il suffirait d’une simple étincelle et tout…. Nous croyons savoir qu’il existe des produits herbicides capables de détruire définitivement ce genre de plantes nuisibles inutiles et qu’il suffirait d’un seul traitement pour rendre à ces terres leur visage d’antan. Hélas, c’est compter sans le laxisme et le laisser-aller qui existent dans ces contrées de l’arrière-pays ! En attendant qu’un responsable conscient réagisse pour mettre un terme à cette inadmissible négligence, ces herbes hideuses continueront à narguer les vrais paysans qui cultivent une infinie passion envers la terre et qui sont réduits au chômage faute de terrains à cultiver et auxquels ne reste qu’une forte rage à… couver devant tant de gaspillage et à tirer des sourires moqueurs aux centaines de Chinois qui occupent la base vie à proximité de ces champs de ronces et d’épines.

Le directeur de l’agriculture de la wilaya devrait faire un tour pour juger de la situation et évaluer l’impact produit par les campagnes de sensibilisation initiées pour la relance de l’agriculture et la mise en valeur des terres.

Oulaid Soualah

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