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“Les mouvements de libération en Afrique n’ont pas réussi à réaliser tous les objectifs…”

Par ailleurs, M. Abdelaziz Bouteflika a rendu un grand hommage, aux artistes, intellectuels, hommes et femmes politiques du continent, qui ont « lutté héroïquement contre le racisme, le colonialisme, la pauvreté… ». Dans cette optique, Bouteflika a indiqué que « les mouvements de libération en Afrique n’ont pas réussi à réaliser tous les objectifs et qu’il faudrait mener d’autres combats contre la pauvreté, l’analphabétisme, les maladies, l’exclusion qui constituent une terre fertile à la violence et au terrorisme ». A l’adresse de ces femmes et hommes de culture, Bouteflika a estimé qu’ils ont compris les exigences de leurs sociétés respectives, avant les autres. Dans son hommage appuyé à l’élite culturelle africaine, Bouteflika a ajouté que, « l’Afrique a trop longtemps couru le risque de s’abîmer dans une image qui lui est étrangère, un leurre qu’elle était impuissante à corriger », estimant que « spoliée de son existence propre, (elle) n’attendait que l’instant de naître et de renaître sous toutes ses facettes, dont la profusion et le foisonnement soulignent la richesse ».

Evoquant les maintes souffrances du continent, notamment le colonialisme, Abdelaziz Bouteflika a noté que, « le colonisateur, en quête de justifications pour son entreprise spoliatrice, lui a dénié toute historicité ». En mettant en avant l’idée selon laquelle, le colonisateur « a plongé, dans l’uniformité, les hommes et les paysages balayant d’un seul trait des cultures, des civilisations millénaires ».

Alger qui accueille, pour la seconde fois, cet événement culturel, « va donc vibrer », a-t-il noté, « durant deux semaines, au rythme de l’Afrique », ce continent qui « va rappeler au monde, par le verbe, le chant, l’image et le pinceau, les indicibles souffrances endurées par les peuples d’Afrique, la douleur du déracinement, de l’exil forcé, de l’humiliation et des injustices ».

D’autre part, le chef de l’Etat a ajouté, dans son message, que le continent africain va également rappeler au monde que « l’indépendance, arrachée au prix fort, n’a pas permis de réaliser toutes les espérances et que d’autres guerres doivent être menées contre la faim, l’ignorance, la maladie, la pauvreté, l’exclusion et les inégalités qui constituent le terreau fertile et le combustible de la violence et du terrorisme ». Et de souligner qu’ « elle va rappeler, avec le meilleur des antidotes contre la violence, la culture, que les peuples africains ont des racines profondément ancrées dans l’histoire de l’humanité ».

Le président Bouteflika a rappelé, dans ce contexte, que l’Afrique « a essaimé, en de multiples Afriques, à travers le monde, pour porter haut l’africanité, particulièrement dans l’adversité de la traite négrière et de la colonisation », ajoutant qu’elle a réussi à « se redresser en entretenant une espérance à flanc d’abîme, malgré la terrible infamie marquée au fer de la traite négrière et de l’acculturation générée par la colonisation ».

Dans ces sombres moments d’adversité meurtrière, a-t-il relevé, elle « n’a jamais accusé de déficit en beauté, illuminée qu’elle était par sa force psychique ».

« L’Afrique avait opté pour le beau dans la musique, la danse, le chant comme modes de résistance à l’oppression », a-t-il ajouté, soulignant que le colonisateur connaissait l’importance de la culture. « Il connaissait et craignait à la fois la menace venue d’hommes sûrs de leur passé et de leur héritage », a-t-il poursuivi.

« Alger, fête de l’Afrique, de toutes les Afriques, réinvente la conscience de notre identité en même temps que notre ouverture à l’universel », a affirmé le président de la République qui a souligné que l’Afrique, partie du monde, « doit aussi porter le monde en elle ».

Synthèse, M. Mouloudj

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