La Dépêche de Kabylie : L’annonce que vous avez faite quant à l’ouverture du secteur des transports aux investisseurs a été accueillie avec engouement par la population locale. Comment ces mesures vont-elles être appliquées concrètement ?
Tout d’abord, permettez-moi de préciser que ces mesures s’inscrivent dans la politique de développement et de promotion de l’investissement en général. Pour le secteur des transports et à l’instar des autres secteur, l’investissement concurrentiel privé constitue un élément privilégié pour le développement économique du pays.
Par ailleurs, il faut préciser que le transport public de voyageurs et de marchandises a été libéralisé et ouvert à l’investissement privé dans les années 1990. Pour revenir à votre question, tout postulant peut investir dans le domaine des transports publics de voyageurs, de marchandises, de l’enseignement, de la conduite automobile ou du contrôle technique automobile, dans le cadre d’un accompagnement bancaire ou du dispositif de soutien à l’emploi (Ansej – Cnac) ou sur fonds propres, en présentant un dossier à la direction de transports. Les agences bancaires locales ainsi que l’Ansej de Tizi-Ouzou ont été saisies par mes soins pour préciser désormais que les activités de transport citées plus haut sont ouvertes à l’investissement et que, par conséquent, ils peuvent accompagner les investisseurs potentiels, sans l’exigence de fameux document de “promesse de ligne”.
Aussi, il est important de souligner que les investissements peuvent se réaliser sur l’ensemble des lignes de transport et sur l’ensemble du territoire de la wilaya à la demande du postulant. Même chose pour les autres domaines d’activités (auto-école, centres de contrôle technique automobile).
Quelles sont les motivations qui vous ont amené à prendre ces décisions que tout le monde juge inédites ?
Vous me donnez ici une occasion pour clarifier et préciser que le secteur des transports a été réduit pendant plusieurs années à sa plus simple expression : “La gestion du fourgon et du taxi” Je regrette, le secteur des transports constitue un levier de développement économique et social et par conséquent le secteur doit s’inscrire dans une logique économique et non administrative.
A cet effet, le secteur des transports est appelé plus que jamais à renforcer le nouveau souffle de développement économique que connaît la région de Kabylie et plus particulièrement la wilaya de Tizi-Ouzou.
Par ailleurs, il faut préciser que l’administration doit encourager et conforter l’investissement privé dans le secteur des transports, tous modes confondus. Ce qui permettra d’atteindre inévitablement un niveau de prestation de plus en plus performant à offrir aux citoyens.
Pourquoi ces mesures ont-elles été prises en ce moment précis ?
Quand bien même je suis totalement convaincu de cette démarche, elle doit obéir à des règles administratives quant à son application.
Ce que je viens de mettre en œuvre, ce n’est pas uniquement pour Tizi-Ouzou.
Il s’agit de mesures prises par le ministre des Transports et qui concernent l’ensemble des wilayas.
Cependant, il faut noter que pour certaines activités, cette démarche a été mise en œuvre depuis quelques mois déjà. Par exemple, le transport routier de marchandises, le contrôle technique automobile. Mais il faut reconnaître que la vulgarisation était faible.
Existe-t-il un risque de saturation majeure de ces créneaux ?
Pour cette question, je vous précise que désormais, il n’y aura plus de saturation dictée par l’administration (saturation administrative); mais plutôt, on parlera de saturation économique d’un tel ou tel autre créneau.
Le marché reste un instrument de régulation par excellence dans une économie de marché et l’Etat désormais interviendra par ce biais, pour organiser le secteur des transports. Autrement dit, tout investissement dans le domaine des transports soit sur fonds propres, accompagnement bancaire ou par le dispositif de soutien doit obéir au préalable à une étude du marché et la décision d’investir ou non appartiendra aux concernés.
Aussi, je profite de cette occasion pour rappeler que le secteur bancaire plus que les autres, en sa qualité d’agent économique important est fortement impliqué dans la démarche mise en œuvre par le secteur des transports.
Peut-on dire que ces décisions viennent conforter la stratégie de mutation constatée dans le secteur depuis quelque temps à Tizi-Ouzou ?
En effet, cette démarche vient compléter les actions entreprises par l’Etat pour le développement du transport d’une manière générale et à Tizi-Ouzou plus particulièrement. Comme vous le constatez, un programme important et ambitieux a été inscrit pour la wilaya de Tizi-Ouzou; il s’agit particulièrement de la réalisation d’infrastructures de base et projets structurants, tel le chemin de fer, la gare multimodale, l’entreprise de transport urbain et le projet du téléphérique.
Ces équipements seront renforcés effectivement par l’élévation du niveau de prestation des transports, résultant des investissements concurrentiels, qui ne seront que bénéfiques pour le citoyen et l’usager des transports.
On vous laisse le soin de conclure …
Dans quelques années, le citoyen choisira non seulement le mode transport, mais aussi la qualité de la prestation qui lui est offerte. C’est notre préoccupation !
Par ailleurs, les mesures permettront d’éradiquer, sinon de réduire, très fortement, la bureaucratie et le clientélisme.
L’investissement dans le domaine des transports à Tizi-Ouzou ne sera plus “un parcours du combattant” pour le citoyen.
Entretien réalisé par Ahmed Benabi
