Sur ce nombre, déjà fort modeste, 9 ouvrages sont considérés complètement hors service pour diverses raisons. L’inventaire, généralement effectué sur les reliefs de la wilaya au début des années 1980, par des équipes de techniciens bulgares, a dégagé une quarantaine de sites favorables à l’installation de telles infrastructures véritables ouvrages d’appoint pour les régions mal desservies par les eaux de barrages. Lors de la dernière session de l’APW, la commission Agriculture déplore la non exploitation de toutes les potentialités de la wilaya en matière de mobilisation des ressources hydriques. Sachons, toutefois, que l’achèvement du barrage de Koudiat Acerdoune en 2007 (640 millions de m3) réglera en principe définitivement, le problème de l’eau dans la wilaya de Bouira. Les retenues collinaires devenues non opérationnelles (30% du total) doivent leur arrêt à plusieurs raisons qui peuvent se résumer à deux grands facteurs : des raisons de mauvais choix du site et des raisons techniques liées à la construction. Nous avons déjà visité cinq retenues à l’arrêt dans le territoire du sud de la wilaya et discuté avec les anciens utilisateurs de ces ouvrages et avec d’autres riverains. La retenue de Ridane, à 60 km au sud de la ville de Bouira, est construite dans la région de Ouled Ali, au pied de Bouseddar. La digue manque visiblement d’ancrage latéral, ce qui a conduit le torrent de montagne à déchausser les ailes de la digue et à tracer son nouveau cours. La retenue s’est asséchée et a disparu de la carte géographique. La fragilité de la construction de la digue de la retenue de Taguedite, sur Oued Tarfa, a été à l’origine de l’ouverture d’une brèche au milieu de la digue de sorte à vider complètement le réservoir d’eau. Dans la commune de Bordj Okhriss, l’assiette de la retenue a été complètement envasée au point de ne pouvoir retenir aucun mètre cube d’eau. Son bassin versant, fait de sols marneux dénudés, à subi une érosion considérable dont les matériaux (limeailles et pierrailles) ont fini par colmater le bassin de réception. Sur les hauteurs de Hadjra Zerga, dans le hameau d’El Hammam, la retenue est implantée sur un terrain perméable qui ne retient pas une seule goutte d’eau. L’autre ouvrage situé dans la commune d’El Hakimia, en amont de la RN 8, est tout bonnement démoli par un torrent en raison de la fragilité de la construction. Au vu de la multiplication de retenues qui ne dépassent pas un ou deux ans de vie, la leçon doit impérativement être tirée pour cerner les causes des défaillances et éviter de les reproduire dans les prochains programmes. Une retenue de 80. 000 m3 revient au moins à 10 millions de dinars. Pour les régions éloignées des grands barrages, ces petits ouvrages hydrauliques constituent, à n’en pas douter, une source appréciable pour l’irrigation et l’AEP.
Amar Naït Messaoud
