En cette période de vacances, le pavillon des urgences de l’hôpital d’Aïn El Hammam ne désemplit pas. Les malades y affluent à toute heure du jour. Même si elle n’est insupportable qu’en soirée, la tension est tout de même perceptible en cours de journée. C’est vers dix-huit heures que le rush commence, annonçant une nuit agitée pour le personnel de garde. Arrivant à vive allure, des voitures débarquent des groupes de femmes et d’hommes, semblant désemparés et plus inquiets les uns que les autres. Tous sont pressés et crient à qui veut les entendre que “c’est une urgence”. La minuscule salle d’attente où sont alignées une dizaine de chaises est vite prise d’assaut, montrant de ce fait ses limites. Une maman essaie en vain de calmer son bébé qui ne cesse de brailler, alors qu’une vieille dame, se tenant la tête à deux mains, n’en finit pas de gémir dans un coin.
Parmi tous ces malades, il s’en trouve pourtant des cas qui nécessitent des soins rapides. Ils souffrent en silence, en attendant qu’on daigne les laisser passer. Ils ne sont pas assez forts pour jouer des coudes. Le personnel, en nombre limité, pour une telle charge, n’arrive pas à juguler ce flux. Il se forme alors une chaîne dans le hall d’entrée où les plus pressés disputent leur tour aux plus “affaiblis”. “Parmi les nombreuses personnes qui se présentent au PU, ces jours-ci nous avons relevé de multiples cas d’intoxication alimentaire”, affirme une source hospitalière.
La mauvaise conservation des produits périssables, servis aux convives, à l’occasion des fêtes de famille en est l’une des causes principales. Les six personnes qui se sont présentées au services des urgences (PU) vendredi dans la soirée, venaient de consommer un repas collectif dans un village des environs. Si certains se rendent à l’hôpital pour un simple mal de tête, d’autres méritent toute l’attention du personnel médical. Seul le centre de tri qui devait rester ouvert de nuit pourrait aider à canaliser les malades, suivant leur gravité. Ce qui n’empêche pas que tous seront consultés. Nous ne pouvons pas, par ailleurs, passer sous silence tout le travail accompli par le personnel dans des conditions parfois difficiles. Signalons que depuis quelques jours, la Direction a cru bon de créer un service “spécial grippe” pour des raisons évidentes, de grippe porcine. On évitera ainsi aux cas suspects éventuels d’être en contact avec les gens sains. Devant faire face à une population issue de près de deux cents villages, le PU de l’EPH de Aïn El Hammam, commence à s’essouffler. La DSP ou le ministère devrait, d’ores et déjà, envisager son extension.
A. O. T.
