Une alternative à l’exclusion scolaire

« Le concept d’exclu est exclu de notre discours. L’échec ne peut hypothéquer l’avenir car nous pensons que ce n’est pas la fin du monde ». Cette entrée en matière du ministre de la Formation professionnelle, M. El Hadi Khaldi, hier à Bgayet, faite devant un parterre de responsables locaux de son département et un nombre important de parents d’élèves, se décline en termes de rupture avec les pratiques qui ont cours jusqu’à aujourd’hui et qui ont pour nom exclusion du système scolaire, déperdition… Si les traditions bien établies ont assis la glorification de la réussite, le concept actuellement développé par le ministère de la Formation professionnelle consiste grosso-modo à focaliser l’attention de tous les recalés au BEF et au bac. A Bgayet, rien que pour cette année, et en l’état actuel des choses, c’est 5 542 recalés au bac qui n’ont d’autre choix que celui de rejoindre la rue et tous les vices qu’elle draine… Le secteur de la formation professionnelle se propose de récupérer l’ensemble de ces jeunes que le système classique a poussés vers la sortie sans possibilité aucune de relancer, en leur faveur, la dynamique des études. Une commission mixte DE-DEF sera mise sur pied pour étudier, cas par cas, les dossiers des 5 542 « exclus » et des classes spéciales seront créées pour absorber une partie des recalés. Le reste sera absorbé par la formation professionnelle. « Et si les structures locales s’avèrent insuffisantes, dira le ministre, d’autres wilayas seront sollicitées. Les futurs pensionnaires des CFPA seront, en 30 mois, préparés à des diplômes de TS. A cet effet, 58,5 milliards de dinars ont été dégagés au titre des budgets d’investissement et d’équipement ». Autre sortie de secours mise en avant pour éviter à tout prix toute forme d’exclusion, le recours au microcrédit. L’Agence nationale de gestion du micro-crédit (ANGEM), structure d’aide à la création de petites entreprises nouvellement créées, consent des prêts compris entre 50 000 et 400 000 DA pour l’acquisition de petits équipements nécessaires à la création d’une activité. Ce programme ambitieux, lancé par le ministère de la Formation professionnelle, verra un début d’application dès septembre prochain. Les « laissés-pour-compte » recevront à titre individuel une convocation les invitant à se rapprocher des centres de formation professionnelle.

M. R.