Des veuves de chouhada réclament un logement

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C’est un véritable cri de détresse que celui lancé par trois vieilles veuves de chahids de Bouira que nous avions reçues dans notre bureau cette semaine. Malgré le poids des années, ces femmes qui ont combattu l’armée française pour l’indépendance du pays continuent toujours et avec la même détermination le combat. Un combat dont elles se seraient volontiers passé, si… mais dans lequel elles se sont malgré elles engagées. Car c’était une question de dignité. Longtemps hébergées chez des proches parents, ces combattantes des temps modernes se battent pour un logement. Un logement qu’elles ne cessent de réclamer depuis plusieurs décennies. En vain. Certaines requêtes adressées à la présidence de la République et au ministère des Moudjahidine, qu’elles nous ont montrées, datent pour certaines des années 1990. Depuis, elles ont formulé plusieurs demandes pour bénéficier d’un logement. Pourtant, le calvaire de ces veuves de chahids allait connaître enfin son épilogue en septembre dernier, date à laquelle elles ont été reçues par le wali. D’après leurs dires, ce responsable leur aurait promis de solutionner le problème. D’ailleurs, dans les jours qui ont suivi une commission a été diligentée pour procéder à des enquêtes sociales concernant le cas de deux veuves résidant dans la ville de Bouira. Mais nos interlocutrices affirment que depuis l’envoi de la commission, elles n’ont rien vu venir. Selon une des veuves, tout récemment, l’une d’elles a été repoussé par un agent de la wilaya qui lui dira : “On ne veut plus te recevoir.” “Certains iront jusqu’à me suggérer de préenter des excuses officielles aux autorités locales, et ce pour avoir sollicité certains organes de la presse auxquels on a exposé notre problème”, nous ont-elles avoué. Ces femmes qui disent être victimes de la marginalisation ne demandent à présent qu’un toit. Et peu importe la formule du logement, pourvu que celui-ci convienne à leur situation matérielle.

M. Djamel

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