« Takhnakt » s’achemine vers son autodissolution

Dans notre pays, le mouvement associatif connaît d’inextricables problèmes. Aux problèmes inhérents au fonctionnement, s’ajoute l’insignifiance des subventions, voire leur inexistence. Aussi, assiste-t-on à la naissance de centaines d’associations qui n’existent que sur le papier. Il se trouve cependant, parmi le lot, certaines associations qui arrivent, malgré tout, à matérialiser leur programme d’action. L’association socio-culturelle « Takhnakt » fait partie de celles-là. En l’espace de trois ans, elle est parvenue, malgré les multiples difficultés, à réaliser tout son programme et à s’imposer sur la scène sociale par son sérieux et sa philosophie. Avec de modestes moyens et la collaboration de l’APC, elle a réalisé des choses qui imposent le respect : revêtement en béton de toutes les ruelles et impasses du quartier, aménagement des ruelles en forme d’escaliers avec rampe d’appui là où il est nécessaire, réalisation d’un dalot et de deux passages busés, ouverture d’un nouveau cimetière, démolition et reconstruction de la fontaine publique « Tala L’djmaâ », actions de solidarité envers les démunis, organisation de L’wziaâ… autant de réalisations qui ont redonné espoir à la population qui a vu ainsi son cadre de vie nettement amélioré. Mais ces derniers temps, la mobilisation populaire s’est effilochée, et les responsables de l’association incapables de recréer la dynamique qui leur a permis de réaliser autant de choses, s’apprêtent à déposer leur bilan et à se retirer faute d’une relève, car, par les temps qui courent, ceux qui acceptent de présider aux destinées de la djemaâ ne sont pas légions. L’association s’achemine vers son autodessolution. « L’association a rempli sa mission, il ne lui reste qu’à mettre la clé sous le paillasson ! », nous déclare un des membres fondateurs. Une assemblée générale est prévue pour ce vendredi. En attendant, l’exécutif tient réunion sur réunion pour se préparer à ce rendez-vous.

Boualem B.