Les trois longs mois de vacances estivales sont mis à profit par les écoliers dont beaucoup versent dans l’activité commerciale ou des petits boulots peu lacratifs, histoire de tromper le spleen et se faire un peu d’argent.
Dans nombre d’établissements scolaires de la wilaya de Bgayet, le départ en vacances est annoncé en fanfares dans une ambiance joviale.
On a même vu des potaches s’empresser de déchirer leurs cahiers comme pour enterrer une année scolaire trépidante et chargée d’efforts et de stress.
On les retrouve serveurs dans des pizzerias, garçons de café, vendeurs de menu fretin sur la voie publique… « Dès que je suis libéré des examens de fin d’année, je me lance dans le commerce de fruits et légumes. C’est une occupation qui me prémunit contre l’oisiveté et m’aide à faire face aux frais de la rentrée des classes », affirme Nabil, un lycéen d’Akbou.
Dés potron minet, Kamel, 15 piges, installe son étal à proximité d’un café maure sur une route très passante de la ville de Sidi Aïch. « J’ai débuté durant les vacances de l’été 2007 en vendant des cigarettes à l’unité avant d’investir tous mes bénéfices dans les articles d’habillement. C’est tellement plus rentable », raconte-t-il.
D’autres adolescents en rupture de banc à l’image de Yacine, se font exploiter contre des clopinettes par des patrons indélicats qui trouvent en cette main-d’œuvre saisonnière bon marché, l’occasion rêvée pour rentabiliser leurs affaires. « Je travaille à mi-temps dans un salon de thé branché.
Mon salaire mensuel aquivaut à la moitié du SNMG mais qu’à cela ne tienne puisque ce n’est qu’une activité transitoire en attendant de dégoter un job plus stable et moins ingrat », nous dira Yacine, qui a quitté prématurément des bancs de l’école. « Et puis, souligne-t-il, quand je songe à tous ces chômeurs qui ne sont pas aussi chanceux que moi, je n’ai vraiment pas beaucoup de raison de me plaindre ».
N. Maouche
