Des terres agricoles dilapidées

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L’engouement est réel. L’intérêt est vif à Akbou, sans doute plus qu’ailleurs, quiconque dispose d’une parcelle de terrain, fut-elle plantée d’arbres centenaires, se découvre une mentalité de “flambeur” bon teint.

A défaut de pouvoir la pétrifier sous le béton, il en fait un dépôt pour matériaux de construction, on un parking pour véhicules, après avoir préalablement pris soin de raser toute végétation.

A la sortie ouest de la ville notamment, des dizaines d’hectares de terre agricoles souvent plantés d’oliviers ou de figuiers ont été sacrifiés sur l’autel de la logique rentrée et du profit immédiat. “Le phénomène a commencé timidement au temps des domaines autogérés puis des exploitations agricoles collectives et individuelles qui ont vu une partie du patrimoine dévorée par le béton. Mais avec le début des années 2000, la convoitise nourrit par ces terres est allée crescendo”, se souvient Abderrahmane B. sexagénaire, un des rares propriétaires à s’abstenir encore à cultiver son verger du côté d’Azaghar, à proximité de la RN 26. “Que voulez-vous, se désole-t-il, l’appât du gain obnubile les esprits”.Cette marotte en vogue fait de plus en plus d’adeptes. Flairant le filon, des émules sont toujours prompts à faire table rase du passé et de leur patrimoine souvent ancestral. Les produits de la terre ? On en a cure. Les soucis environnementaux ? On s’en tamponne le coquillard !

“Tout indique que cette ruée vers le commerce au détriment de l’agriculture va se poursuivre inexorablement, car tout y concoure, à commencer par le morcellement des parcelles qui se prêtent très peu à l’activité agricole”, confie un commerçant de Bouzeroual.

N. Maouche

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