Inaugurée au milieu des années quatre vingt (80) au moment où le tube cathodique était un véritable luxe, réservée seulement à quelques chanceux et fortunés de la région de Sidi Aïch et localités limitrophes, la cinémathèque de la ville a connu des moments de grandeur et de gloire avec la projection de la plupart des chefs d’œuvres hollywoodien de l’époque. Qui, parmi la majorité des jeunes de cette belle époque peut dire, qu’il n’a jamais fait la queue ou participé aux inévitables bousculades pour décrocher le fameux ticket lui permettant de prendre place au balcon ou en orchestre pendant la séance de 10 h, celle de 15 h ou de 21 h, peu importe le verre, pourvu qu’on eut l’ivresse.
Les canons de Navaron, Bleu Velvet, Taxi Driver ou encore La fièvre du samedi soir sont autant de chefs-d’œuvres qui ont fait rêver toute une jeunesse et bercer toute une génération. Plusieurs artistes de renom et troubadours de la chanson kabyle se sont produits sur les planches de cette Olympia version Soummam, entre autres le groupe Idurar, le groupe Akfadou, Louiza, Farid Feragui, Hamidouche, Ali Ideflawen, Ferhat… et la liste reste longue, très longue même.
Pendant plus de dix (10) ans, ce lieu mythique a accueilli la flamme culturelle de la région et d’ailleurs, étant donné qu’il a accueilli toutes les festivités et activités qui se sont déroulées dans cette ville, en toutes occasions, mais comme chaque chose et toute histoire a une fin, pas forcément idyllique, ce monument a commencé depuis le début des années 2000 à perdre de son éclat et de ses lumières jusqu’à devenir une salle obscure au sens propre du terme et pour longtemps, car la volonté des responsables concernés n’est toujours pas au rendez-vous.
La restauration et la réouverture de cette salle dans les plus brefs délais ne serait, en fin de compte, que justice rendu à la culture, qui est en réalité, un des piliers de toute civilisation et élément de survie de l’espèce humaine, comme l’air que nous respirons.
Arezki Toufouti
