« Je m’arrête juste le temps de faire la prière ou le temps d’acheter le journal », c’est la réponse donnée à chaque remarque faite aux touristes véhiculés qui stationnent devant les plaques l’interdisant ou carrément en plein boulevard en créant un embouteillage monstre. C’est à croire que le code de la route n’est pas le même à travers le territoire national et que l’interdiction de stationner dans les autres wilayas permet quand même de s’arrêter le temps de faire la prière ou de faire ses commissions. Dans la wilaya de Bgayet, en général et dans la commune d’Aokas en particulier, pratiquement tous les touristes véhiculés ne respectent aucune plaque du code, surtout celles interdisant les arrêts et stationnements. A Aokas, par exemple, dès l’arrivée des estivants, l’ex-RN 9, la rue principale de la circulation en l’occurrence, est bloquée à longueur de journée et presque interdite à la circulation, le vendredi au moment de la prière du dhor. Tout le long de ce boulevard, seul un trottoir est réservé au stationnement et pourtant les conducteurs de véhicules venus de l’extérieur de la wilaya s’arrangent toujours pour stationner des deux côtés de la route. Ils créent souvent des bouchons inextricables mettant à fleur de peau, les nerfs des conducteurs, des commerçants, des passants et des habitants du boulevard, notamment ceux ayant des malades ou des bébés, enfin… de tout le monde. La police qui faisait quelques apparitions, au moment de la grande prière, les vendredis d’avant la saison estivale, n’ont plus donné signe de vie de ce côté de la ville en cette période de grande affluence laissant les usagers de la route faire office d’agents de l’ordre en régulant la circulation. L’autre jour, c’était un chauffeur de bus qui avait fait sa loi, pas loin de la mosquée, juste à proximité de la station de bus, c’est-à-dire en face la brigade de Gendarmerie nationale, en bloquant la route avec son bus pour protester contre son collègue qui voulait, semble-t-il, faire le plein de passagers et démarrer sur Béjaïa avant lui alors que ce n’était pas son tour de départ. Ce genre de rixes entre conducteurs est fréquent dans ce boulevard et les chauffeurs ou carrément les passants commencent alors à intervenir qui pour apaiser les esprits, qui pour réguler la circulation. Pour justifier ces stationnements anarchiques, qu’on n’avance pas le prétexte de l’absence d’aires de stationnement car pour cela, ils peuvent utiliser les artères secondaires ou encore l’ex-jardin de la brigade de gendarmerie laissé à l’abandon lequel peut aisément servir de parking durant tout au moins la saison estivale mais ils refuseront de le faire car ils auront à marcher quelques mètres à pied. Cette rue principale, baptisée boulevard du capitaine Si Aïssa Boundaoui, n’est pas le seul quartier où se forment des bouchons dans la commune d’Aokas, il y a aussi la voie express qui est envahie de monde, à pied ou en voiture, à partir du coucher du soleil.
De ce côté de la ville, la circulation est vite maîtrisée car la route est vaste et la police dont le commissariat n’est pas très loin, fait des patrouilles régulièrement aux heures de pointe. Ces patrouilles doivent être multipliées à travers tout le territoire urbain et principalement au centre de la ville où on constate de plus en plus d’anarchie, faisant dire aux gens qu’il y a absence caractérisé de l’Etat et où l’incivisme impose son diktat.
A. Gana
