“Je me souviens de la dernière heure quand l’eau nous est arrivée. C’était précisément le quinze juillet. Et puis, elle n’a pas coulé dans tous les robinets du village”, nous a déclaré un habitant du village d’Ouled Aïssa, à la périphérie de la ville de Draâ El Mizan. Et à un autre d’ajouter : “Certes, le réseau de distribution a été réalisé et les compteurs sont placés, mais réellement, nous ne recevons de l’eau qu’une heure par mois. D’ailleurs, moi, j’ai “démonté” le compteur, car je ne vais pas payer l’air qui arrive au robinet”. Ce village, composé d’au moins quatre hameaux est habité par pas moins de mille personnes. Son alimentation est assurée à partir des forages réalisés au lieudit les Smail. “Au lendemain de la mise en service des stations de pompage, l’eau a coulé à flots. Il ne s’agit là que d’une mauvaise gestion. Il y a aussi, je crois, qu’une motopompe qui ne fonctionne pas”, a dit un autre citoyen. En tout cas, à entendre les citoyens de Ouled Aïssa et des hameaux environnants, il y a lieu de dire que le problème d’eau potable est toujours récurrent en dépit des enveloppes financières déboursées pour les projets d’AEP. “Heureusement, chaque ensemble de familles a un puits ou une fontaine mais cela reste insuffisant”, a souligné le premier interlocuteur. Alors que d’autres sont contraints à acheter l’eau moyennant mille, voire mille deux cents dinars la citerne. “Chaque semaine, je loue une camionnette pour puiser de l’eau à la fontaine Les Pins”, a préféré nous répondre un autre citoyen. Tout comme les habitants de Ouled Aïssa, ceux du versant de Tazrout et les autres villages situés dans le même versant, le manque se fait sentir aussi bien en hiver qu’en été. “L’eau n’arrive qu’une fois par mois, et parfois pour deux mois. Rien n’est encore réglé de ce côté-là, comme pour d’autres commodités”, telles sont les paroles recueillies auprès d’un citoyen de Tazrout. Tout compte fait, ce problème demeurera jusqu’au pompage de l’eau à partir du barrage de Koudia Acerdoune.
Amar Ouramdane
