Les travailleurs non-voyants d’Enabros menacent de radicaliser leur mouvement

Les travailleurs non-voyants, notamment ceux de l’Enabros, qui sont en protestation depuis samedi dernier, ont finalement réussi à se réunir hier matin, avec M. Sidi Saïd, SG de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

C’est au cours de cette rencontre que les travailleurs non-voyants ont exposé leurs préoccupations concernant en premier lieu, la menace de la fermeture de leur entreprise. En second lieu, ces derniers ont saisi cette occasion, pour parler des conditions du travail et de l’insertion professionnelle des jeunes handicapés.

« Les non-voyants ont juste besoin d’être écoutés », a fait savoir le SG de l’UGTA. En effet, l’Enabros qui fabrique des balais et fait travailler 1 090 ouvriers principalement des non-voyants, est actuellement menacée de fermeture.

Ces protestataires se sont réunis avec le premier responsable de l’UGTA pour essayer de trouver une solution à leur problème qui dure depuis plus d’une année.

Dans ce sens, et sans donner plus de détails, le SG de l’UGTA a affirmé qu’ »un accord a été déjà trouvé sur les principales revendications ». Pour leur part, les travailleurs de cette entreprise ont brandi la menace de maintenir la contestation, au cas où les pouvoirs publics ne répondraient pas favorablement à leur plate-forme de revendications qualifiées de « légitimes ».

Ils sont allés jusqu’à menacer de descendre dans la rue. Rappelons toutefois que ces ouvriers qui s’inquiètent pour leur avenir professionnel avaient entamé un mouvement de contestation pour la même raison. Une décision de fermeture de l’entreprise leur a été notifiée verbalement, en février dernier, mais aucun document officiel n’a été émis pour appliquer cette décision.

Une cinquantaine d’ouvriers se sont rassemblés hier, au niveau du siège de la Centrale syndicale où de nombreux policiers étaient postés à l’entrée. La plate-forme de revendications de ces protestataires s’articule essentiellement autour du : maintien de l’entreprise quelles que soient les circonstances pour sauver les milliers d’emplois, le versement avant le mois sacré du Ramadan, annoncé pour le 22 du mois en cours, des arriérés de salaires des mois de juillet et août et les allocations familiales. Si la décision de fermeture de l’entreprise est maintenue, les protestataires demandent à ce que les pouvoirs publics leur accordent 150 millions de centimes pour les départs volontaires, 50 millions de centimes pour les départs à la retraite et l’insertion professionnelle dans les administrations et entreprises publiques pour les jeunes handicapés. « Les jeunes handicapés travaillant dans cette entreprise sont les plus menacés », puisque selon les déclarations des responsables de l’organisation syndicale, Lakhdar Ouksani, « les départs volontaires seront rémunérés à hauteur de 300 000 DA ». Une indemnisation qualifiée d’illusoire par ces ouvriers qui évoquent la cherté de la vie.

L. O.