Le transport se révèle être ces derniers jours un véritable casse-tête chinois pour les citoyens de Béni Mansour. L’offre en matière de transport se déstabilise brutalement et reste secouée par des perturbations manifestes.
Trois fourgons assurent la desserte vers la ville de Tazmalt via l’important carrefour routier d’Allaghan. Beaucoup d’habitants peinent à se déplacer pour aller au travail ou faire leurs emplettes chaque jour.
Il ne se passe pas un jour sans que les voyageurs de cette ligne ne se plaignent du manque cruel de transport, voire de l’absence totale de fourgons certains jours, ou à certaines heures dites de pointe.
En général, c’est au retour à l’arrêt d’Allaghan qu’ils passent ces derniers temps de longues heures à languir un fourgon. Eprouvant moment que des familles avec des enfants en bas âge doivent supporter sous des conditions météos extrêmes.
Certains d’entre-eux font du stop, d’autres se doivent d’attendre encore et encore indéfiniment et de prendre leur mal en patience. Où sont donc passés les transporteurs de cette ligne rurale dont on ne peut pas se passer une heure tant les habitants sont contraints de sortir pour vaquer à leurs occupations habituelles ou faire leurs courses ? De nombreuses réponses fusent. Les voyageurs ne sont guère contents. Parfois, on évoque une panne immobilisant un des fourgons dont on fustige à tort ou à raison l’exploitant.
Tantôt on parle avec amertume de transporteurs “affairés à faire des courses au profit de fêtards au moment où leurs clients éprouvent le plus grand mal du monde à partir de midi pour rentrer à Béni Mansour. “Est-ce possible qu’on soit ainsi relégué au second plan ?”, tempête un voyageur agacé. “Le manque est exacerbé, relève-t-on depuis la fin du mois de juillet. Dans les meilleurs scénarios, se lamente-t-on, on se retrouve avec un seul fourgon qui fait la navette ou par moment avec un arrêt complètement vide pendant des heures et des heures : ce qui est très insuffisant”.
De leur côté, les transporteurs se disent excédés par les dures conditions de travail dans lesquelles ils évoluent. Pour eux, sur des routes complètement abîmées et des conditions précaires de travail (présence instable de clientèle), il est difficile d’assurer la ponctualité toute l’année.
C’est à longueur de l’année, une course effrénée et un défi permanent des difficultés pour ne pas abdiquer, s’en défend l’un d’entre eux.
Et de nous évoquer le lot de soucis qui parsèment leur activité (pannes, impôts). Les arguments mis en avant sont de taille à justifier l’impossible régularité qu’on leur exige d’assurer à longueur de l’année. Chaque partie a ses arguments, ses tracasseries. Qui a tort ou raison ? Ce n’est pas tant important de le savoir. La seule chose qui ne soit plus une inconnue, c’est que les voyageurs de ce village, à la traîne en matière de développement ne semblent pas du tout au bout de leur peine.
Z. Z.
