La Dépêche de Kabylie

« On compte créer une association des anciens joueurs de la JSK »

Rubrique animée par Hamid Oukaci

La Dépêche de Kabylie : Tout d’abord présentez-vous à nos lecteurs ?

Malek Mokbel : Je suis né le 07/10/1966 à Alger. J’ai vécu à Bab El-Oued chez mes grands-parents. Mes origines sont du côté de Michelet plus exactement, le village de Tiferdoud commune Ath Bouyoussef

Comment êtes-vous venu au monde de football ?

Comme tout jeune de notre époque, j’ai commencé à taper sur le ballon très jeune dans mon quartier. Après, j’ai intégré l’équipe des scouts de Bab El-Ouad et en suite, j’ai signé ma première licence avec la formation de l’USM Alger en minimes.

Comment avez-vous rejoint la JSK ?

C’était l’entraîneur Krimo Abidat, qui m’a ramené à la JSK en cadets, soit en 1981. D’ailleurs, c’était grâce à lui que j’ai pu rejoindre les minimes de l’USMA deux années auparavant. Donc à partir de 1981, j’ai commencé mon aventure avec la jsk, pour qu’elle se termine en 1991.

Pourtant, vous n’aviez que 25 ans, pourquoi avez-vous quitté la JSK, malgré votre jeune âge ?

Vous savez, cela fait partie du passé et je préfère ne pas revenir dessus, car je sais bien que je vais blesser certaines personnes. J’avoue que j’ai quitté la JSK à contre cœur à cause des problèmes qu’a vécu le club à cette époque. Dieu merci, j’ai invité pratiquement le monde entier, j’étais sélectionné dans toutes les équipes nationales, minimes, cadettes, juniors et espoirs. Je dirais que durant les dix années que j’ai passées à la jsk, j’ai fait une carrière riche. Certes, j’aurais pu faire mieux encore, mais je dirais que c’est le destin.

Souvenez-vous de votre premier match avec les seniors ?

Mon premier match avec les seniors, me rappelle de mauvais souvenirs. J’étais en cadet et Khalef m’a fait entrer dans les cinq dernières minutes, alors qu’en menais 3 à 0, contre l’USMH. Lors de la réception de ma première balle, l’attaquant de l’équipe adverse m’a chipé le ballon, et il a marqué, dans un autre match contre l’usm Bel-Abès. J’ai touché le ballon de la main dans la surface de réparation donc, j’avais tellement de problèmes au début, avec nos supporters. Il faut rappeler qu’ils été très exigeants, ce n’est qu’avec le temps que j’ai réussi à m’imposer et gagner leur estime.

Quels sont les moments forts que vous avez vécus avec la JSK ?

Pour moi, chaque instant passé à la jsk était un moment fort, n’oublie pas que je suis arrivé dans ce club très jeune, j’avais à peine 15 ans, en plus. Malgré que j’étais en cadet, je m’entraînais souvent avec les seniors.

C’était extraordinaire d’être à côté des Iboud et Fergani. A l’époque, la jsk était une famille, très stable, soit côté effectif, staff technique et administration, donc on vivait dans l’osmose. On respectait les anciens et eux en contrepartie, ils nous donnent des conseils, on était comme des vrais frères.

Donc, tout cela c’était un honneur pour moi. J’ai gagné beaucoup de titre avec la jsk, Coupe d’Algérie, Coupe d’Afrique et championnats, tout de même, le voyage qu’en a effectué en Zambie, surtout, au retour avec la Coupe d’Afrique. Je me souviens que le défunt Matoub Lounès n’a pas arrêté de chanter pendant les 6 heures du vol, c’était des moments inoubliables.

Quel est l’entraîneur qui vous a marqué le plus ?

Sans hésiter, c’était la paire Zyvotco et Khalef, d’ailleurs c’est leurs résultats qui parlent pour eux.

Quel match vous est resté en mémoire ?

A notre époque, tous les matches étaient difficiles, car les autres équipes nous attendaient au tournant, en plus, la jsk était redoutée, malheureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je me souviens du dernier match de championnat de la saison 1988/1989, où nous étions condamnés à gagner à Annaba, pour être champions. On a fourni un grand match avec à la clef une victoire par deux buts à zéro.

Après votre départ de la jsk, vous avez rejoint quel club ?

Enfin, j’ai roulé ma bosse un peu partout, j’ai joué à Boudouaou avec Bahbouh. Après, j’ai fait un petit passage à Sidi Aïch avec Azzedine Aït Djoudi ensuite, j’ai intégré El Nacéria avec mon ancien entraîneur Moh Younsi, où j’ai évolué pendant 4 années. J’ai aussi fait des petits passages à l’ASTO et Tizi Rached.

Pourquoi n’avez-vous pas entamé une carrière d’entraîneur ?

Je n’ai pas fait de stage mais j’ai un diplôme d’entraîneur. Franchement pour faire entraîneur dans des paliers inférieurs, ça ne m’intéresse pas, alors j’ai choisi de poursuivre mon travail à fonction à l’Eniem dont je suis fonctionnaire à ce jour.

Que pensez-vous de l’actuelle équipe de la JSK ?

Actuellement, la jsk a plus le même niveau qu’avant, c’est vrai qu’elle referme dans son effectif de très bonnes individualités et les meilleurs joueurs actuels en Algérie avec l’ES Sétif, mais elle n’est plus l’équipe qui faisait trembler ses adversaires.

Durant notre époque, ce n’était pas les individualités qui faisaient peur, mais c’est la jsk. Actuellement, il y a trop d’argent dans le football, le joueur ne pense pas à jouer, puisqu’il est payé d’avance, nous par contre, on représentait une région, une identité et un drapeau. Maintenant, le joueur ne représente que lui-même, il est à la jsk non pas par amour au club, mais pour la gloire et l’argent.

Actuellement, vous êtes le responsable des anciens joueurs de la jsk, qu’est-ce que représente ce titre pour vous ?

Je dirais que c’est une grande responsabilité, je remercie mes anciens coéquipiers pour la confiance placée en moi. On participe à différente rencontre et jubilés, même dans les hommages, d’ailleurs aujourd’hui (entretien réalisé jeudi passé) nous portions à Timghrasse pour participer à un hommage.

Avez-vous des projets à l’ avenir ?

On compte créer une association des anciens joueurs de la JSK, tout d’abord, on n’a pas les moyens même pas pour inviter une équipe et aussi pour aider nos anciens camarades qui sont dans le besoin parce que je pense que ce n’est pas évident de trouver des joueurs qui ont donné leurs jeunesses pour ce club, à la fin, ils se retrouvent dans des situations sociales très difficiles. Je ne peux pas citer de noms, mais je dirais que 80% des anciens joueurs de la jsk sont dans le besoin. Je veux aussi vous parler des jubilés, moi, personnellement, j’ai organisé mon jubilé avec l’aide de mes amis, le plus important dans ce genre de manifestation, c’est le côté financier, car il faut aider l’ancien joueur financièrement, surtout s’il est dans le besoin.

Un dernier mot pour conclure ?

Je vous remercie, vous étiez toujours là pour nous aider, je vous souhaite longue vie.

H. O.

itranddk@yahoo. fr

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