Normalement quand on s’associe avec quelqu’un ou avec plusieurs, on doit tous fournir les mêmes efforts, mais dans toute association, il y a des tireurs au flanc. Pour illustrer nos propos lisons le conte qui va suivre et qui traite d’une association, qui s’est passée à l’époque où les animaux avaient le don de la parole. A cette époque, dans la nuit des temps, se sont associés pour vivre ensemble un chacal, un sanglier et une panthère. Vu qu’elle est la plus forte, la panthère prend les rênes de l’association, et distribue les tâches de la journée. C’est ainsi que pour le déjeuner, elle désigne le chacal à l’effet de ramener à manger. Le chacal part à la chasse. Au lieu de s’échiner à courir derrière le gibier, il se rend dans un champ, où les bergers gardent leurs moutons. Il se met en faction durant des heures, mais la vigilance des bergers était sans faille, il ne peut s’accaparer du moindre animal. En rentrant bredouille à la tanière, la panthère se met en colère. Pour se justifier, le chacal lui dit : -Les troupeaux de moutons sont bien gardés, si tu ne me crois pas envoie le sanglier.”Parti à son tour pour chasser, le sanglier revient bredouille et donne les mêmes explications. Ne les croyant qu’à demi, la panthère décide d’avoir le cœur net, en allant elle-même à la chasse. En voyant les bergers sur le pied de guerre, elle prend peur et revient bredouille à la tanière. Cela fait trois jours qu’ils n’ont pas mangé. Tous les trois tiennent un conseil de guerre pour trouver au plus tôt de quoi se susenter. La panthère interroge ses deux associés. Le sanglier ne dit mot. En prenant la parole le chacal dit : Si nous voulons manger à notre faim, nous devons posséder notre propre troupeau de moutons.-C’est facile à dire, mais comment y arriver ?, dit la panthère.-Les bergers se bagarrent souvent entre eux pour des futilités. Une fois fâchés ils se séparent et chacun part de son côté. Si la chance nous sourit, une telle situation va se présenter. Si vous voulez bien m’écouter, voilà comment nous allons procéder. De nous trois, seule la panthère fait peur aux bergers. Je suggère donc que la panthère surveille les bergers et, dès qu’un s’éloigne du groupe avec son troupeau, elle lui fonce dessus. Epouvanté le berger abandonnera ses animaux. Le sanglier les ramènera vers notre tanière et me les confiera pour les garder.”Le plan approuvé à l’unanimité, il fut procédé à son application. Tout se déroule comme prévu. Dès le lendemain matin, le chacal emmène les moutons aux champs. Il sifflote de joie. Grâce à son idée tout danger est écarté. Le petit groupe m mangera désormais de la viande à satiété, mais les choses ne se passent pas ainsi. Après quelques jours d’accalmie, un monstre (Elouah’ch) surgit de la forêt et dit au chacal apeuré : -Afkiyi-d Ik’erri,maoulach ak tchaghFou ghef eth tsedoudh ! (Donne-moi un mouton berger, sinon je vais te dévorer).Ne pouvant s’opposer à l’horrible créature, le chacal se laisse prélever un mouton. De peur de se faire sermonner, le chacal ne dit mot quand le soir, il rentre au bercail, le troupeau. Mais le sanglier chargé par la panthère de compter les moutons s’aperçoit qu’il en manque un, pour ne pas être accusé de complicité, il le signale.-C’est vrai, j’ai perdu un mouton, mais ce n’est pas de ma faute, j’ai dû le céder au monstre de la forêt pour qu’il épargne ma vie.Si vous ne me croyez pas, le sanglier n’a qu’à aller faire paître les troupeaux demain ! -Oui, j’irai, crâne le sanglier, à moi, personne ne la fera.”Une fois dans les champs, le monstre se présente à lui et la menace de le dévorer s’il ne lui donne pas un mouton. En voyant la bête immonde le sanglier panique et lui donne un mouton qu’il dévore en entier sur le champ.
Lounès Benrejdal A suivre
