Le couffin, qui revient déjà au citoyen de plus en plus cher et la période du Ramadhan coïncidera avec la rentrée scolaire et les fêtes de l’Aïd. Cela mettra encore plus les familles dans l’embarras, surtout les couches moyennes.
A cet égard, les autorités compétentes devaient prendre des décisions adéquates pour contrecarrer de telles anomalies. Ces augmentations intempestives que rien ne semble justifier aux yeux des consommateurs, apparaissent comme une aberration dans un pays musulman. A l’approche du mois sacré de Ramadhan, le marché des fruits et des légumes à Sidi Aïch connaît déjà une flambée des prix sans précédent, compliquant la tâche des maigres bourses.
Cette situation est visible également au niveau du marché de gros de la ville d’Akbou où certains spectateurs ne ratent pas l’occasion pour s’enrichir sur le dos du pauvre, ainsi que le mardi et mercredi lors du marché hebdomadaire de la ville des ponts, où les consommateurs constatent avec stupéfaction l’augmentation des légumes de large consommation, tels les carottes cédées à
50 DA le kilo.
Ce qui inquiète le plus les consommateurs est plutôt le prix de la pomme de terre qui est et reste toujours un aliment fondamental, dépassant aujourd’hui la barre de 40 DA le kilo, le poivron à 70 DA, la tomate à 50 DA, les haricots à 80 DA. « On se demande ce qu’en sera le prix avec le début du Ramadhan », dira un autre acheteur qui se discutait avec un autre acheteur au marché de la ville et comme la majorité des commerçants lui expliquait que eux-mêmes sont obligés d’acheter du marché de gros à des prix élevés.
« Mais cela peut connaître une augmentation sensible d’ici au mois sacré », précise-ton. Pourquoi ? « C’est une question de spéculation et c’est à l’Etat de lutter contre ce phénomène », rétorque-t-il. Des prix jamais égalés durant toute l’année, alors que les prix des tomates sont affichés à 60 dinars le kg. Cependant, les pommes de terre, qui constituent l’élément principal des repas de la population locale, n’ont pas connu un changement considérable de leur prix, resté jusque-là à 35 dinars le kg. « Pour ne parler que de la pomme de terre, ce tubercule qui était vendu il y a quelques jours à 25 dinars le kilo, poursuit-il, est désormais proposé dans presque toute la wilaya entre 35 et 40 dinars. La tomate aussi a vu son prix augmenter majorée entre 25 et 30 dinars. Et les amateurs de hors-d’œuvre sont contraints de payer 60 dinars pour le kilo de salade irriguée avec on ne sait quelle eau, alors qu’elle était proposée, il n’y a pas si longtemps à 35 dinars », souligne-t-on. Même certaines régions grandes productrices de légumes et de fruits, ne sont pas épargnées par la montée des prix. A vocation essentiellement maraîchère, elle alimentaient la plupart des marchés de la région. Malgré la grande quantité des produits cultivés dans ces régions, les prix continuent de flamber à l’approche du mois sacré de Ramadhan. Ce phénomène de hausse des prix revient chaque année pour bouleverser les pères de famille. Les denrées essentielles comme l’huile, le sucre, le concentré de tomate, voire même le café dont les prix ont été tous majorés et les augmentations vont, selon des consommateurs, de 10 à 30 dinars, selon le produit.
Les prix des fruits secs (abricots, raisin sec, pruneaux) ont connu évidemment une hausse de presque 150 dinars par kilogramme. Quant aux autres produits phares du mois sacré, les viandes rouge et blanche, leurs prix sont devenus brûlants. Un autre produit a connu également l’ascension : il s’agit de la viande blanche que les boucheries cèdent à 350 dinars, voire 380 dinars le kg. Ce qui oblige les ménages à recourir à la viande congelée mais là aussi les prix ont augmenté.
Concernant la viande rouge, les prix ne sont pas stables et connaissent des fluctuations, pour atteindre la barre des 850 dinars le kg. « Ce phénomène qui revient chaque année pour bouleverser les pères de famille. Peu de gens, je suppose, vont pouvoir se payer de la viande rouge cette année, son prix ayant atteint les 900 DA le kilo, alors que le poulet est cédé désormais à 350 dinars », dira un père de famille, qui précise que « les prix des légumes n’ont pas été épargnés par cette fièvre ». « On se demande ce qu’en sera le prix avec le début du Ramadhan », dira une vieille qui se disputait avec un vendeur ambulant du côté du quartier de la mission et comme le commerçant lui expliquait que lui-même est obligé de se procurer la marchandise du commerce de gros à des prix élevés. Mais cela peut connaître une augmentation sensible d’ici au mois sacré », précis-t-on. Pourquoi ? « C’est une question de spéculation et c’est à l’Etat de lutter contre ce phénomène », rétorque-t-il… « Comme à chaque approche du mois censé être de la Rahma », fait remarquer un client. Il est relayé par un vieux qui dit : « Les revendeurs du marché de la ville, lieu le plus fréquenté par les parents à longueur année, saisissent cette occasion en faisant fi des considérations religieuses, pour majorer les prix de leur produits, sachant pertinemment que les consommateurs sont contraints d’en acheter, et ce sont ces mêmes commerçants qui se bousculent pour les premiers rangs à la mosquée ». La flambée des prix semble ainsi n’épargner aucun produit. Mais en plus de cette flambée à laquelle les ménagères font face, les pères de familles redoutent également les frais de la rentrée scolaire et de l’Aïd El-Fitr.
Ainsi, l’austérité et la restriction financière constatées l’année dernière chez un grand nombre de foyers sera encore de mise cette année. Situation qui pousse les usuriers à se frotter les mains.
Le couffin revient au citoyen de plus en plus cher et la période du Ramadhan coïncidera avec la rentrée scolaire et les fêtes de l’Aïd. Cela mettre encore plus les familles dans l’embarras, surtout les couches moyennes. A cet égard, les autorités compétentes devraient prendre des décisions adéquates pour contrecarrer de telles anomalies. Ces augmentations intempestives que rien ne semble justifier aux yeux des consommateurs, apparaissent comme une aberration dans un pays musulman. Malgré toutes les mesures prises par l’Etat pour contrer les spéculateurs, malgré les assurances annoncées dernièrement par les services, ou les associations concernées sur la disponibilité et la baisse des prix de produits de première nécessité, dont évidemment la pomme de terre, malgré les médias qui, quotidiennement, dénoncent la loi des spéculateurs, on constate amèrement que rien n’a changé ; au contraire les prix continuent de grimper et continueront sur cette voie tracée par ce qui semble être une véritable maffia bien organisée.
Le ministre du Commerce vient lui-même d’affirmer, dans une émission de la chaîne II de la radio nationale, que seulement « 35% de la production nationale des fruits et légumes passent par le marché légal. En faisant un tour à travers le marché ce mardi à Sidi Aïch, on constate en effet que les spéculateurs font toujours ce qu’ils veulent sans que personne ne lève le peut petit doigt il n’y a que le pauvre qui paie cette facture déjà salée. En somme c’est toute l’organisation des circuits commerciaux qui est à revoir et la mise en application d’un barème de mesures de sanctions et de condamnations sévères pour pouvoir décapiter une maffia qui semble travailler tout à son aise. La preuve est évidente : les spéculateurs fixent les prix qu’ils veulent », nous diront de vieux qui ajoutent : « Qu’il n’y a rien à dire de plus, les Ramadhans se suivent et se ressemblent ».
Samy H.
