20 Août 55, 20 Août 56, des dates historiques semblables aux autres a priori mais qui réellement ont marqué un virage très important lors de notre glorieuse Guerre de libération notamment celle de 1956. Oui, c’est certain, le Congrès de la Sommam a été le béton armé qui a servi aux fondations de la Révolution. Cet événement semble, du moins localement, perdre de son importance. Même le ronronnement habituel qui consiste en un dépôt de gerbes de fleurs (en plastique) et l’observation d’une minute de silence semble déranger ceux qui sont chargés de le faire. Nos valeureux héros méritent plus que cela. L’on croyait voir certaines choses évoluer positivement, finalement c’est du pareil au même. Les vieux réflexes ont la peau dure et le suivisme devient coriace. La vallée de la Soummam, c’est cette région où s’est tenu ce congrès. Cette vallée que les généraux de l’occupant n’ont pu ni su classer, c’est-à-dire avec ou contre lui, devient, par la force des choses occultes, le bastion de certaines idées parfois rétrogrades. Ifri, haut lieu révolutionnaire voit, à chaque année un responsables « des hauts lieux » venir en mission forcée lire la Fatiha et feindre, dans un brouhaha interminable, le militant et/ou l’engagé ou sinon « le père de tous ». Pavoiser les centres urbains, chauler les troncs d’arbres sur les routes est également loin d’être une manière commémorative. Si c’est oui, que peuvent être alors les séminaires, les conférences, les débats, l’écriture et surtout la participation du trésor de demain qui est cette jeunesse. Dans ce contexte, l’horloge de beaucoup de personnes semble être à l’arrêt même si ceux qui sont nés après les événements de 1988 sont maintenant des adultes et très loin de cette révolution unique en son genre. Cette année, cette date coïncide avec le début du mois sacré de ramadan et cela donnera peut-être à réfléchir à beaucoup de responsables qui sentiront la faim que nos héros ont de tous temps ressentie et dans tous les domaines même à titre posthume.
Achiou Lahlou
