L’opération Solidarité du ramadan, que constituent les restaurants Rahma ou couffins du ramadan, est devenue depuis quelques années une tradition bien ancrée dans la wilaya de Béjaïa. Cette année, pour venir en aide aux 16 089 familles démunies, recensées par la direction de l’action sociale, sur les donnés fournies par les services sociaux d’APC, un budget global d’un montant de 37.688.000,00 DA a été dégagé pour faire face à cette opération. Ce montant est composé de trois contributions, à savoir celle des APC pour la somme de 27.838.000,00 DA, le budget de la wilaya à hauteur de 6.000.000,00 DA, et la participation du ministère de la Solidarité nationale pour un total de 3.850.000DA. Selon les chiffres donnés par la DAS, le nombre de couffins acquis s’élève à 15.253 auxquels il faut ajouter un don de 500 couffins de Sonatrach. L’opération, vu son importance, a mobilisé pas moins de 416 personnes et 46 lieux de stockage pour les denrées alimentaires. Au 25 août 2009, selon un tableau transmis par la cellule de commission de la wilaya, il y a 9 restaurants Rahma ouverts. Ils ont servi 1978 repas et 3362 repas depuis le début du ramadan. En ce qui concerne les couffins de ramadan, le nombre d’unités distribuées dans la journée est de 619 et celui du nombre total des couffins distribués s’élève à 4 418. Même si certaines familles dans le dénuement emportent leurs repas cuisinés directement des restaurants Rahma, ces derniers sont destinés essentiellement aux personnes vivant seules et défavorisées, aux voyageurs et à tous ceux que l’appel du muezzin à rompre le jeûne aura surpris loin de chez eux. Tous ceux-là, à l’approche du ftour, se rendent dans les restaurants Rahma de la ville. Aucune formalité ne leur est demandée. Elles prennent place et attendent qu’on les serve. Le repas comprend une chorba chaude, un plat de résistance avec viande, un dessert et parfois une sucrerie (zlabia ou kelb ellouz) quand les moyens le permettent. Cela paraît simple et même attirant surtout en fin de journée où l’on a le ventre creux, mais certains pensent, peut-être à tort, que prendre un repas dans un restaurant Rahma, c’est se départir un peu de son honneur et de sa dignité d’homme tant le geste de manger sans payer s’apparente quelque part, en leur foi intérieur à une sorte de mendicité déguisée. Aussi, il y en a qui préfèrent rompre le jeûne avec un bon melon bien jaune accompagné d’une baguette de pain encore chaude. Mais ceux qui en ont fait l’expérience surtout ceux dont les moyens sont vraiment limités soutiennent que tout cela n’est qu’une vue de l’esprit et que le premier pas fait, on est heureux de savourer un repas complet chaud et gratuit. Quant aux couffins de ramadan destinés aux familles démunies et qui sont de loin préférés aux repas à emporter du fait qu’ils permettent de faire la cuisine à la maison qui s’embaume ainsi de l’odeur de la nourriture, beaucoup de pères de famille, s’ils avaient à choisir, auraient préféré les bons d’achats, à faire valoir dans les superettes, aux quotas de denrées qui leur sont servis dans des cartons.
B. Menhoub
