La jeunesse, un mot qui n’a pas quitté les discours du président Bouteflika durant sa campagne électorale, en insistant sur la volonté de l’Etat de prendre en charge cette frange sensible de la société en instaurant des réformes aptes à lui garantir un avenir radieux quand on sait que le chômage, la précarité, l’immigration clandestine et l’oisiveté sont les principaux problèmes du jeune Algérien qu’il soit universitaire ou non.
Ainsi et selon une source fiable proche de la Présidence, rapportée par le quotidien Manbar El Qoraa, le président de la République affiche une volonté et des ambitions pour la création d’une commission au niveau de la Présidence, qui prendrait en charge les préoccupations des jeunes.
Cette commission, ajoute la même source, sera régentée par des membres d’associations et de fondations indépendantes et aura comme tâche de transmettre les revendications et les préoccupations des jeunes. Cette commission, ajoute-t-on, s’occupera de tous les jeunes issus de différentes classes universitaires au chômage, jeunes désœuvrés et ceux qui veulent lancer un projet. Cette commission serait- elle un intermédiaire entre les jeunes et les autorités compétentes ? La question demeure entière. Une commission pour les jeunes doit s’adapter à certains créneaux et l’Etat le sait bien, lui qui incrimine les jeunes harraga en les jetant en prison. Et si jamais cette commission voit le jour serait-elle capable de régler les conflits sociaux dont sont victimes les jeunes, qui dans certaines régions du pays vivent un marasme total.
Ce qui les pousse à déclencher des émeutes, à couper des routes et à affronter les forces de l’ordre, eux, qui se voient marginalisés par le plan d’action du gouvernement. Les derniers chiffres dits officiels annonçaient le taux de chômage à 13%, alors que certains crient à un leurre et les premières victimes sont les universitaires qui une fois leurs études achevées trouvent refuge dans la rue pour se transformer en vendeurs ambulants et d’autres exploités par des sociétés privées sans assurance, à faire du porte-à-porte pour un salaire minable. Un dommage collatéral pour les jeunes qui payent la mauvaise gestion des secteurs vitaux par des ministres qui ont failli à leur mission et c’est le président de la République qui le reconnaît lui-même lors de leur audition.
Tout le hic est là, et c’est le moment de prendre en charge cette frange, d’assurer un avenir radieux aux jeunes et de retenir les compétences, qui fuient le pays pour une vie meilleure que leur offrent d’autres pays, dont le système est plus avancé et adapté à leurs besoins.
Une commission c’est bien, néanmoins reste à savoir, si cette dernière sera à la hauteur de ses espérances afin d’assurer sa mission première, servir et réussir.
Hacène Merbouti
