Parmi les 161 368 élèves de la wilaya, 65 000 issus de familles nécessiteuses bénéficieront de la prime de scolarité de 3 000 DA. Ces derniers, en plus des enfants du personnel de l’éducation et des handicapés, profiteront de la gratuité du manuel scolaire. Un geste qui permettra sans nul doute d’atténuer la tension auprès des 20 764 familles nécessiteuses, recensées par les services de la DAS qui seront encore une cette fois cette année confrontées à une collision entre l’Aïd el Fitr et la rentrée scolaire.
Entre les blouses et les tabliers bleu et rose imposés par le ministère de l’Education, les fournitures scolaires, les habits neufs, les gâteaux, viandes, poulets et autres mets imposés par la tradition de l’Aïd, nombreux sont les pères de famille à ronger leurs freins.
Pourtant, le ministre des Affaires religieuses affirmait récemment qu’il n’y a pas de pauvres en Algérie. Une chose est cependant sûre, à Bouira les pauvres existent et les preuves ne manquent pas. En prenant pour exemple les carcasses de dindes dénudées de toutes chaire qui se vendaient au début du mois de ramadan à 15 DA l’unité, ces mêmes tas d’os sont aujourd’hui monnayés à 50 DA sur le marché hebdomadaire de Bouira.
Un simple exemple parmi tant d’autres qui démontre l’ampleur de la pauvreté qui touche de plus en plus de familles moyennes bouiries. Devant cette situation plus que précaire pour près d’un tiers des élèves inscrits pour la rentrée qui aura lieu dans dix jours, on se demande comment les 20.764 familles nécessiteuses de Bouira s’en sortiront entre les frais de la rentrée et ceux de l’Aïd. De plus, le mois ramadan a largement malmené le porte-monnaie malgré le dispositif du gouvernement visant à réguler les prix des produits alimentaires et notamment les fruits et légumes. Un dispositif qui du moins jusqu’à présent peine à se faire respecter sur les marchés. Mais les tracasseries ne se limitent pas seulement à la cherté de la vie, car l’aménagement du nouveau week-end pour les élèves semble être sujet à polémique auprès des parents d’élèves qui s’indignent de la surcharge du volume horaire imposé par cette mesure.
Les quatre heures de cours du jeudi qui seront réparties sur la semaine font craindre le pire pour l’assimilation du programme scolaire. L’année scolaire même prolongée de 27 à 35 semaines risque d’éreinter sérieusement le cursus de l’élève qui restera huit heures sur les bancs de la classe. Lorsqu’on connaît la géographie escarpée de la wilaya de Bouira et l’absence flagrante de transport scolaire dans certaines communes, le parent d’élève est en phase de s’interroger sur l’avenir de sa progéniture. En effet, pour un collégien ou un lycéen, sortir des salles de cours à 17h 30 en hiver, c’est-à-dire à la tombée de la nuit, et être confronté à l’absence de transport est un aspect qui aurait échappé au ministère de l’Education.
Toutefois ce cas de figure n’a pas manqué d’attirer l’attention des parents d’élèves et même des enseignants qui tirent d’ores et déjà la sonnette d’alarme.
Y aura-t-il une oreille attentive et un esprit cartésien pour régler toutes les tracasseries ?
Hafidh B.
