Après trois semaines de jeûne où tous les espaces ont été réservés à la vente de produits alimentaires de tout genre allant des figues de barbarie en passant par la galette maison et gâteaux orientaux, la dernière semaine du mois de Ramadhan est comme d’habitude celle des vêtements et des jouets pour enfants. A commencer par les habits.
Comme la fête de l’Aïd vient quelques jours après la rentrée scolaire, les parents préparent un double événement. Si les parents des enfants démunis ont déjà choisi des vêtements d’occasion chez les fripiers, les nantis se rabattent sur notamment les produits chinois qui envahissent davantage toutes les places. « On sait qu’ils ne sont pas de très bonne qualité, mais ils sont tout de même neuf. Il faut quand même que ces petits potaches soient contents le jour de la fête », nous confirme un parent.
Un ensemble pour fillette à cinq cents dinars vaut mieux pour le père d’un autre ensemble de marque à deux mille dinars voire plus en ces temps de vaches maigres. Car, faudra-t-il le souligner, les parents ne peuvent plus approcher ces vêtements made in après avoir été laminés par les dépenses successives de l’été (fêtes familiales et autres cérémonies) et un Ramadhan, l’un des plus difficiles de ces dernières années. Alors que les vendeurs d’occasion commencent déjà à squatter les trottoirs où ils exposent jouets et gadgets pour tous, allant du petit appareil téléphonique copié sur les grandes marques de téléphones portables jusqu’à la voiture électrique en passant par bien sûr des pistolets et mitraillettes factices en attendant peut être l’apparition des pétards tout calibre, attirent les enfants accompagnés de leurs parents. Même si les prix nous paraissent exorbitants, ces derniers tout comme les vêtements consentent quelques sacrifices en plus afin de satisfaire les petits caprices de leurs mômes.
La préparation de la fête commence dans les foyers où les femmes s’affairent à se procurer tous les ingrédients nécessaires aux gâteaux divers.
De ce côté, rien n’est rose car les produits coûtent chers : œufs, farine, sucre et autres ont tous subi des hausses comparativement à l’an dernier.
A titre d’exemple, un kilo de sucre cristallisé à soixante dix dinars, un plateau d’œufs à deux cents quatre vingt dinars et plus. La saignée ne s’arrête pas là car il faudra penser aux cadeaux à offrir aux proches à l’occasion de cette fête. En dépit de tout cela, nous n’avons qu’à dire aux enfants bonne rentrée scolaire et bonne fête de l’Aïd.
Amar Ouramdane
