Huit heures trente, le marché hebdomadaire de Bouira est déjà bondé de monde. Bousculades, désordre, échauffourées règnent au beau milieu de la chaussée. Les bus et autres transports en commun qui affluent de différentes régions ont du mal à accéder à la gare routière, et pour cause, des étals empiètent sur la voie réservée aux transporteurs. Des éléments de la police invitent les propriétaires de ces étals à déguerpir, mais cela ne semble pas les gêner outre mesure car ils savent qu’ils vont se réinstaller quelques mètres plus loin à l’abri du regard des agents de l’ordre public. En se frayant difficilement un passage pour trouver la porte du marché, le citoyen doit être plus que vigilant car les portefeuilles se volatilisent aisément en cet endroit, mais il faut dire que depuis quelques temps, les pickpockets qui rôdent dans les parages redoublent d’ingéniosité pour délester leurs victimes. Des victimes qui, généralement sont des personnes âgées et qui ne sont pas vraiment sur leurs gardes. Malgré une présence policière très remarquée, les commerces informels pullulent. Ventes de CD gravés, lunettes de soleil, cassettes audio et vidéo, revues et magazines, en passant par les tee-shirts made in China et autres effets vestimentaires sont ainsi exposés à la poussière et aux aléas du climat. Un peu plus loin, ce sont les denrées alimentaires qui se font bronzer au soleil de Bouira. Les œufs dit du jour, la viande blanche, dindes et autres volailles qui se rôtissent à la chaleur de l’astre Phébus en attendant un client potentiel. Les prix que l’on pourrait croire compétitifs ne le sont malheureusement pas et les tarifs pratiqués dans des boucheries de la ville sont parfois en deçà de ceux du marché. La viande rouge, les tripes et abats sont à peine visibles derrière les nuées de mouches qui envahissent les étals de ces bouchers. « On vends des mouches ici ? », s’interroge un émigré « bcbg, » étonné de voir les conditions d’hygiène du marché. Visiblement déconcerté, l’émigré repart son couffin vide sous le bras. A noter également que l’estampille du vétérinaire, qui devrait en tout état de cause figurer sur la viande proposée à la vente, n’est pas toujours apposée sur la marchandise. Mais cela ne gène en rien les bouchers qui s’évertuent à vous désigner les testicules de l’animal prouvant que c’est un mâle. Bel argument à défaut d’hygiène !
Hafidh B.
