La décision de supprimer et d’interdire la mixité dans les campus de l’université de Boumerdès est tombée comme un couperet. Ainsi, l’administration universitaire de l’université Mohamed-Bougara de Boumerdès a tout simplement pris l’étrange décision de séparer les étudiants de leurs collègues étudiantes. Comme réponse à cette décision rétrograde, les étudiants ont décidé, unanimement, d’observer des sit-in devant le rectorat, afin de dire non à l’obscurantisme et à la régression dont font preuve malheureusement même ceux qui sont censés gérer des lieux d’épanouissement intellectuel.
L’université lieu de savoir et d’érudition a été de tout temps convoitée par la prédilection islamiste. La décision de supprimer la mixité dans les campus d’un pôle universitaire est une autre manière de céder, en douceur devant la pression islamo-obscurantiste.
Après les insensées décisions de faire comparaître des non-jeûneurs devant la justice, la volonté de garder, contre vents et marée, le vendredi comme journée de repos, nonobstant le préjudice causé depuis trois décennies à l’économie nationale, les autorités publiques affichent un penchant vers l’aile islamiste sans retenue aucune.
Sans trop tergiverser, mais dans le cas où la décision vient à être entérinée par les responsables administratifs de l’université de Boumerdès, les étudiants progressistes des deux sexes doivent redoubler d’engagement afin de barrer la route aux obscurantiste tapis dans l’ombre d’une administration qui refuse d’avancer. Ils doivent aussi démasquer et mettre en quarantaine les organisations satellites des partis islamistes, comme l’UGEL.
Les étudiants progressistes qui se sont opposés farouchement à une telle décision ont subi les affres de la descente des agents de sécurité de l’université qui ont promptement intervenu pour interdire le sit-in. Et vu la brutalité avec laquelle ces étudiants ont été traités (voir l’article de Salim Haddou), on dénombre plusieurs parmi les étudiants. Ceci dit, une alliance spontanée est née entre des agents payés, rubis sur l’ongle, pour assurer la sécurité des étudiants et les activistes islamistes, qui prônent la régression à tout bout de champ.
Cette décision de la suppression de la mixité dans un lieu de savoir vient après la décision de l’ONOU (Office des œuvres universitaire) de mettre des bus de couleur rose, pour les étudiantes et d’autres pour les étudiants.
Cette montée fulgurante des agissements islamistes appelle tous les militants modernistes et laïques à faire preuve d’engagement en faveur des libertés individuelles et collectives, maintenant, que même les administrations affichent, publiquement leur aliénation à l’islamisme rétrograde.
M. Mouloudj
