La contestation couve dans la wilaya

C’est le cas de le dire en tout cas pour la wilaya de Tizi-Ouzou et plus particulièrement pour le lycée de Fréha, qui est tout simplement paralysé, depuis trois jours déjà, par une grève.

Ce débrayage est mené par les lycéens pour dénoncer justement cet emploi de temps auquel ils sont soumis. Ces élèves se sont soulevés notamment contre la sortie des classe qu’ils jugent tardive. Pour ceux qui ne le savent pas, le département de Benbouzid a procédé au réaménageant de la carte horaire des établissements scolaires et ce afin de s’adapter à la nouvelle donnée dictée par le week-end semi-universel. Ainsi, cette année, les établissements scolaires « terminent le service » à 17h pour certains et 17h30 pour d’autres, contrairement au passé où les élèves sortent des classes à 16h et 16h 30mn au plus tard. Les scolarisés au niveau du lycée de Fréha refusent de se soumettre à ce nouvel horaire de sortie des classes trouvant ce « aberrant ». « C’est infernal pour nous car nous habitons pour la plupart dans des villages lointains et nous ne disposons pas de moyens de transport », nous dit un lycéen arguant que lui-même, par exemple, entre chez lui la nuit tombante. Ces lycéens qui ont enclenché ce mouvement de grève, lundi dernier, sont unanimes à dire qu’ils poursuivront leur mouvement de grève jusqu’à satisfaction de leur revendication. Mais sera-t-il possible de répondre favorablement à cette doléance sachant que ce lycée, pourtant l’un des meilleurs en matière de résultats manquent terriblement de moyens ? Cet établissement date des années 1990. En fait, c’est sa cantine qui pose vraiment problème. Exiguë, celle-ci petite qu’elle est ne permet pas de faire manger tout le monde en même temps au déjeuner, d’où la nécessité d’opter pour deux services. Une option qui fait perdre cette fameuse demi-heure de temps récupérée, du reste, de 17h à 17h 30mn. En fait, cela n’est nullement propre à ce lycée. Beaucoup d’autres établissements pourvus de la demi-pension se trouvent dans la même situation. Pour plus d’un, ce mouvement enclenché à Fréha risque de faire tache d’huile. Il faut dire, en effet, ces horaires ne font pas l’unanimité à Tizi-Ouzou.

Ce remous, même chez les enseignants. « C’est trop, cette charge de travail de 8h à 17h », nous dit, en substance, une enseignante que nous avons contactée à ce propos. Pour certains, le pire est à craindre pour cet hiver. Il est vrai, en effet, que le problème risque de surgir au grand jour à Tizi-Ouzou, une wilaya où l’on est loin d’assurer un ramassage scolaire total et où les établissement se trouvent souvent loin des villages.

En hiver, les journées sont très courtes et à 17h30, il fait déjà nuit. D’ailleurs, les parents ne cachent pas leur crainte par rapport à cette situation à laquelle seront confrontés leurs enfants qui seront en effet contraints de regagner la maison tard. Et rentrer tard est déconseillé, dans une wilaya où la situation sécuritaire n’est pas du tout rassurante. C’est pour dire que les lycéens de Fréha disent, à travers leur grève, haut ce que d’autres pensent tout bas.

M. O. B.