Ce sont des citadins exaspérés par l’état de dégradation assez marquée de ce gros centre urbain qui nous ont accueillis sur les lieux et qui nous ont imposés une… visite guidée pour nous faire découvrir le revers de la médaille de cette ville avec son aspect extérieur de bijou avec ses belles vitrines bien alignées sur les deux côtés du boulevard principal qui est un tronçon de la RN26 mais qui cache d’effroyables lacunes au niveau de tous les ouvrages urbains d’accompagnement.
Pour faire baisser la tension apparente d’une foule composée de citoyens de tout âges, nous n’avions d’autres alternatives, que celle de nous prêter au jeu d’un constat global et minutieux de la cité que nous essayerons de reproduire fidèlement dans ces colonnes qui disent-ils restent leurs dernier espoir pour se faire entendre.
La première anomalie qui saute aux yeux, dès les premiers abords, sont la totalité des avaloirs et tout autre système d’évacuation des eaux de pluie qui sont détériorés ou complètement bouchés et qui… n’avalent plus rien au point où lors des dernières averses, plusieurs pâtés de maisons situés sur la partie basse de la ville, ont enregistré un début d’inondations avec d’importantes infiltrations dont les traces sont encore visibles. Les risques d’une catastrophe planeront durant tout l’hiver sur cette partie basse de Raffour qui comprend en plus des centaines d’habitations, deux écoles primaires et un CEM.
Un autre danger non moins effroyable qui guette ces citoyens est le risque imminent d’un mélange des eaux usées avec de l’eau potable au niveau d’un croisement des deux réseaux situés entre les îlots L98, L99 et le L93 doublé d’un chevauchement où le réseau d’assainissement est réalisé au niveau supérieur. De plus, les citoyens affirment que le réseau principal d’AEP est en amiante de ciment. Un autre fait, qu’on a constaté de visu, est les impuretés dans l’eau composées de morceaux de plantes aquatiques (sorte d’algues) de racines, de terres et quelques menus petits insectes tel des fourmis noires, des asticots et de petites sauterelles. L’eau distribuée une journée sur deux, provient de deux captages ; le premier de la Source noire à partir de Saharidj et le deuxième provient des forages de Taghzoult (Achdhoukh), un captage réalisé selon nos interlocuteurs à proximité du rejet principal d’assainissement de cette ville.
Ces citoyens nous informent qu’il a bien longtemps qu’ils se sont abstenus par mesure de sécurité de boire de cette eau ou de l’utiliser pour la cuisson des aliments et que chacun se débrouille comme il peut pour s’approvisionner en eau propre. Ces deux réseaux doivent sans délai faire objet d’une inspection munitieuse.
Sur le volet environnement, cette importante agglomération dont les plus jeunes ne peuvent se maîtriser et qui s’emportent facilement, affirment qu’hormis le ramassage des poubelles par une équipe d’éboueurs, les mêmes qui opèrent au niveau du chef-lieu de la commune, tous les déchets et détritus se trouvant hors de poubelles, sont abandonnés sur les lieux ; l’équipe se contente uniquement de vider les bacs dans une benne-tasseuse sans procéder au balayage des rues, d’effroyables amoncellement d’ordures ménagères sont aussi visibles tout autour de la ville.
Un autre point qu’on peut encore soulever est l’opération de l’aménagement urbain. Ces citoyens ne sont pas du tout convaincus du respect stricte des normes requises dans la réalisation, un état de fait sur lequel doivent se pencher les services techniques chargés du suivi de ce projet qui n’est qu’à ses débuts ; pour notre part, nous avons constaté, que la première opération « imprégnation » un mélange de goudron fluide et de mazout effectué à titre de désherbage a été immédiatement suivi des averses de pluie qui l’ont sérieusement endommagé, reste à savoir si cette première opération serait reprise où l’on passerait directement à l’étape suivante qui consiste à la pose « couche d’accrochage » (revêtement en bitume). Une dernière contrainte que dénoncent les citoyens de Raffour est la chute de tension électrique ainsi qu’un éclairage public inopérant en divers endroits de la ville ; un état de fait qui n’est pas sans retombées négatives sur la population de ce patelin, à commencer par l’insécurité qui s’installe dès la nuit tombée avec des délinquants qui rodent à l’affût de coups fumant à perpétrer et cela en plus, des dégâts que causent ces chutes de courant et son instabilité sur les équipements ménagers. Raffour qui regroupe tout le Aarch Iwakouren dans ce camp de concentration créé par l’armée française après avoir rasé leurs deux villages le 6 mai 1957 précisent les personnes âgées présentes lors de cette rencontre, enregistre à l’heure actuelle, une extension fulgurante dans tous les sens et s’élargit à vue d’œil ; une extension favorisée par la création de lotissements, cette ville est l’une des plus importantes de la commune de M’chedallah, les Iwakouren sont nombreux à exprimer leur souhait de voir Raffour accéder au statut de commune autonome avec le prochain découpage administratif.
Même le mouvement associatif d’Iwakouren, qui a longtemps fait parler de lui, commence à afficher des signes d’essoufflement.
Oulaid Soualah
