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Virée à Azrou N’Thor

Des véhicules, mais aussi des deux roues, motos, bécanes et autres vélomoteurs sont de la partie pour prendre part à Tssevyitha. Ils viennent d’Akbou, de Béjaïa, de M’chedallah, de Bechloul et même d’Alger, comme l’attestent quelques plaques minéralogiques de véhicules, pour se rendre à Azrou N’Thor. Les comités organisateurs de cette fête respectent scrupuleusement la tradition ancestrale, et c’est par le biais d’affichage à travers les villes et villages que les citoyens sont massivement invités à venir participer à cette cérémonie conviviale. Pour les habitants des localités les plus proches, ils s’improvisent en auto-stoppeurs, du moins ceux n’ayant pas la chance d’être véhiculés, et ils sont nombreux à héler les automobilistes tout le long du chemin, et pour cause ce chemin s’avère parfois très long. En effet, de Takerboust jusqu’au col de Tirourda pas loin de 25 km, et une fois sur place, il faudra encore se dégourdir les jambes sur près de 3 km en empruntant une piste sinueuse et poussiéreuse. Une randonnée pédestre qui se révèle être un véritable parcours de santé au vu des kilomètres parcourus et inutile de préciser que le grand air pur aidant, l’appétit s’aiguise au fil des heures. Cependant, une fois sur les lieux, les efforts fournis ne laisseront paraître aucune fatigue au vu du paysage féerique qui s’étale au pied du visiteur. Il est vrai qu’à quelque 1300 mètres d’altitude, la vue est panoramique. Les multiples villages de Iferhounène jusqu’au littoral témoignent, si besoin est, de la beauté du spectacle. Sur le site, les organisateurs s’affairent à la restauration des visiteurs. Au menu, le traditionnel couscous accompagné de morceaux de viande qui sera servi pour revigorer les visiteurs “pèlerins”. Les habitants des différents villages qui organisent cette fête sont aux petits soins. Pendant un certain temps évité à cause de l’insécurité, le mausolée d’Azrou N’Thor est redevenu, ces dernières années, un peu plus fréquentable et surtout fréquenté. Fréquenté par des étrangers, caméscopes à la main pour filmer le site qualifié d’époustouflant, mais également par des familles qui viennent le temps d’une journée pour décompresser et se reposer en déjeunant au grand air. D’autres par contre sont des habitués, généralement ce sont des jeunes qui par groupe de trois à quatre improvisent des balades champêtres à travers la montagne. Guitare en bandoulière, pour certains, chaque fontaine naturelle qui jaillit au détour d’un sentier est l’occasion de faire une halte pour se désaltérer et entonner un tour de chants. Le Parc National du Djurdjura connaît ainsi un flux important de citoyens qui découvrent, en plus du paysage imprenable, une faune et une flore qu’ils n’avaient jamais vues jusque-là. C’est une occasion pour de jeunes ornithologues en herbe d’observer des espèces très rares de rapaces protégés, qui sont malheureusement en voie d’extinction, à cause notamment du braconnage intensif qui sévit dans la région. Cette volière à ciel ouvert qu’est le Parc National du Djurdjura regorge de mille et une sortes d’oiseaux plus beaux et plus majestueux les uns que les autres. D’autres inconditionnels également trouvent en ces lieux l’occasion de se faire un peu d’argent de poche en proposant cigarettes, tabac à priser, bonbons et confiseries en tous genres aux visiteurs. L’expédition en elle-même, apporte aux randonneurs friands d’aventures, la possibilité d’associer sport et loisirs. Des loisirs qui, il faut le dire, font énormément défaut auprès d’une frange juvénile, sans cesse en quête de repères, dans une société qui en oublie jusqu’à sa culture.

Hafidh B.

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