Les syndicats de l’éducation affiliés à l’intersyndicale autonome de la Fonction publique (IAFP Cla, Cnapest, Cnec, la section Cnes, Satef, Snapap) tire la sonnette d’alarme sur la situation chaotique dans laquelle se débattent les enseignants. Pour éviter le pourrissement dans les écoles algériennes de peur qu’elles croulent du jour au lendemain, les syndicats ont décidé d’unifier leurs rangs et de frapper fort jusqu’à avoir gain de cause. Ces derniers ont énuméré certaines failles qui caractérisent l’école algérienne, notamment la surcharge des classes, les volumes horaires, réduction des postes budgétaire….
Le porte-parole du Satef, Mohamed Salem Sadali, a indiqué dans ce sens que « l’école algérienne a mal ». Tout en évoquant le délabrement des structures scolaires, M. Sadali a souligné que « le gouvernement a pendu le statut de l’éducateur ». Il a en outre expliqué que relever le SNMG sans l’abrogation de l’article 87 bis, ne résoudra nullement la problématique du salaire qui est déjà gommé et absorbé par l’inflation galopante. “Les pouvoirs publics, affirme-t-il, nous refuse tous les moyens de revendication pacifiques. Devant des classes surchargés et plus de 700 fautes dans les livres scolaire je peux dire que la réforme n’a pas avancé à ce jour », poursuit encore le conférencier qui ajoute que « les orientations idéologiques vont porter un grand danger à l’école algérienne ». Pour sa part, le chargé de communication au sein du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a affirmé qu’il y a un déficit de 40% d’enseignants dans certains établissements scolaires. « Un collège qui a ouvert ses portes à la wilaya de Béjaïa n’est pas signalé dans la carte scolaire, c’est inadmissible », a-t-il enchaîné. L’orateur a soulevé un autre problème, celui des enseignants qui travaillent dans trois lycées dans les langues étrangères (allemand et espagnol) fautes d’enseignants. Il a menacé par la suite les pouvoirs publics d’aller vers une grève illimitée si leurs doléances ne sont pas satisfaites.
Quant à la représentante du Conseil national des enseignants contractuels, elle dira que la réforme du ministre de tutelle n’a pas porté ses fruits par rapport à la réalité du terrain qui affirme au fur et à mesure le contraire. Pour illustrer ses propos, elle a abordé l’emploi du temps qui n’arrange ni les élèves ni les enseignants. En ce qui concerne l’uniformisation des tabliers pour les élèves qui a semé la zizanie, la secrétaire générale du Snapap dira que 3 millions d’élèves demeurent encore sans tablier.
Afin d’exprimer leur mécontentement, les syndicats de l’éducation et de l’enseignement supérieur affiliés à l’IAFP maintiennent la journée de protestation prévue demain, et sera suivie d’un rassemblement des cadres des syndicaux devant le ministère de l’Education nationale à 12h. La plate-forme de revendication de l’intersyndicale s’articule autour de « l’augmentation des salaires par la revalorisation du point indiciaire et l’annulation de l’article 87 bis, la promulgation du régime indemnitaire, l’intégration des contractuels et la révision du statut particulier ». Les syndicats demandent également une retraite décente et luttent pour une école publique et de qualité.
Lemya Ouchenir
