L’instruction du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, interdisant l’application du régime indemnitaire avec effet rétroactif à partir de janvier 2008, a suscité le mécontentement des travailleurs de la Fonction publique et des syndicats autonomes du secteur en question. Ces derniers ont, à cet effet, réagi en organisant des réunions afin « de dénoncer cette décision » qu’ils qualifient « d’arbitraire ». Devant cet état de fait, les syndicats ont insisté sur la nécessité d’unifier leurs rangs pour frapper fort afin de faire face à une telle décision.
Dans ce sens, le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) a affirmé à ce sujet que « la décision d’Ouyahia qui parle du dossier du régime indemnitaire sans effet rétroactif est inacceptable ».
Il a expliqué par la suite que « le statut particulier est appliqué depuis janvier 2008, et la grille des salaires est appliquée depuis la même date, c’est pour cela que le régime indemnitaire doit suivre le statut et la grille des salaires, sauf si le Premier ministre veut en découdre avec les syndicats autonomes ; cela relève de la provocation et du mépris ».
« Avec l’effet rétroactif nous toucheront déjà des miettes, alors que dire des députés qui ont touché des centaines de millions avec effet rétroactif, cela représente pour nous une discrimination dure à supporter », poursuit encore Meziane Meriane. Selon lui, la réaction doit être dure et brutale pour rétablir les fonctionnaires dans leur droit. Le Snapest est à cet effet, convié à une rencontre de travail avec le premier responsable de l’éducation nationale le 12 octobre prochain. L’ordre du jour proposé par le département de Benbouzid est le régime indemnitaire et la formation. « Nous saisirons la rencontre de lundi pour parler de l’application avec effet rétroactif et pour présenter à la tutelle le travail du Snapest sur le régime indemnitaire, ainsi que la formation », a-t-il fait savoir. M. Meriane dira en outre, que le syndicat qu’il représente a toujours posé le problème de la formation à chaque rencontre tenue avec la tutelle mais « nous n’avons constaté que de la fuite en avant du ministère, rien de concret sur le terrain », en citant l’exemple « de l’agrégation pour les professeurs de l’enseignement secondaire et technique qui est bloquée depuis plus de cinq ans », a-t-il déploré. « Sincèrement, nous n’attendons rien du ministère, s’il n’y a pas le remake de 2003, la situation restera bloquée ; je dirai que la balle est dans notre camp, nous saurons bien la jouer », a-t-il tonné. Le chargé de communication du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a, pour sa part, appelé les syndicats autonomes de la Fonction publique à agir dans les plus brefs délais, précisant qu’il est plus que nécessaire la tenue de rassemblements et de mouvements de protestation afin d’inciter le Premier ministre à faire marche arrière.
Tout en qualifiant la décision « d’arbitraire », les hospitalo-universitaires promettent d’ores et déjà de réinvestir le terrain de la protestation.
Le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a, quant à lui, indiqué que la décision en question signifie que les promesses faites à plusieurs reprises par les pouvoirs publics ne sont que « des lettres mortes ».
Lemya Ouchenir