Le constat est partagé par tous. Techniciens et simples citoyens s’accordent à dire que le revêtement en BB (bitume bitumineux) du CW 7 en cours de réalisation souffre de plusieurs anomalies et que les travaux en cours sont un « bâclage » dont le but est seulement la consommation des 23 milliards de centimes dégagés dans le cadre des PSD (plan sectoriel de développement). Le CW07 relie la commune de Tazmalt à la RN 26 au niveau de la zone industrielle Azaghar située à Akbou via Ath Mlikech et Ighram.
« Contrairement aux autres projets entrepris par l’état, les citoyens ont montré une disponibilité hors normes quant à l’empiétement sur leurs propriétés pour l’élargissement de la chaussée. Le cas d’un citoyen du village Ighil Nacer (B. Aissa) est on peut plus clair quant à cette bonne volonté affichée par tous. Ce citoyen, non seulement nous a autorisés, mais nous a même exhortés à empiéter sur un terrain fertile qu’il cultive chaque année situé juste devant sa maison ! », nous déclare une source sûre au niveau de l’APC d’Ighram. Pour donner l’illusion qu’il y a en effet élargissement de la route, l’entreprise réalisatrice du projet procède au raclage de la chaussée du côté aval au lieu de creuser du côté du talus. Or, tout le monde sait que cette partie est du remblai. « Sans aucun doute, le passage régulier des véhicules lourds provoquera un tassement de plus en plus important de la terre et la route finira par s’affaisser un jour », prédit un citoyen qui n’a jamais fréquenté l’école, mais qui garde un souvenir de la topographie des lieux. Sachant que le CW7 traverse plusieurs villages, le risque de voir des citoyens, notamment les écoliers, percutés un jour par des véhicules est revu à la hausse du fait que la chaussée bitumée s’étend sur toute la largeur de la route ne laissant aux piétons aucun centimètre pour y circuler en sécurité.
Sous les oliviers !
L’autre aberration de ce revêtement est l’étalage du BB sous les oliviers, les oléastres et autres arbres et arbustes qui jonchent les abords du CW7. En effet, alors que les engins de la société réalisatrice sont encore à l’œuvre, des branches d’oliviers chargés de fruits s’étendent déjà sur la chaussée et la rétrécissent. Par endroits, au croisement de deux véhicules, l’un d’entre eux a le choix entre s’arrêter net, percuter l’autre véhicule ou heurter de plein fouet les branches d’oliviers. Piètre choix ! Le cactus (le figuier de Barbarie) planté en guise de lisière par certains citoyens, rend la visibilité nulle par endroits. Quant aux fossés d’évacuation des eaux pluviales, leur aménagement est confié à dame Nature ! D’un autre côté, des techniciens et initiés au technique du bitumage, nous assure que « dans plusieurs endroits, la plate-forme n’est pas nettoyée, séchée et préparée pour recevoir le BB, malgré la signalisation de ces anomalies, le BB est étalé. Suite à l’intervention de citoyens et de l’APC d’Ighram, le revêtement a été refait dans certains lieux ; pour le reste, rien n’est sûr. »
Enfin, signalons que le CW07 a déjà bénéficie d’une enveloppe qui se chiffrait à des millions de centimes au début des années 2000, mais le revêtement en tricouches réalisé n’a pas atteint deux ans qu’il a commencé à se dégrader pour s’effriter entièrement en 2007. L’opération de revêtement en cours se chiffre à des milliards de centimes, tout indique qu’elle ne tiendra pas longtemps. Sommes-nous condamner à refaire le revêtement d’une route tous les cinq ans ou presque ? Pas si sûr que ça !
Dans son mémorial roman : souvenirs de la maison des morts, l’écrivain russe Dostoïevski affirmait que les bagnards les plus dangereux étaient astreints à faire des travaux qui ne présentent aucune utilité telle que déplacer du sable d’un endroit à un autre pour enfin le remettre à la première place ou vider un tonneau d’eau dans un autre pour enfin le reverser dans le premier et ainsi de suite…
Des travaux forcés qui, de part leur inutilité, consomment les hommes plus que tout !
B. Sadi
