Ça a commencé dans la joie et l’histoire aurait pu s’achever sur le même ton si ce n’est la bêtise humaine. Au retour du stade de Boghni, où l’équipe de football d’Aït El Kaïd avait gagné le match, les jeunes fêtards qui occupaient le fourgon voulaient exprimer leur joie en tapant des mains et en tambourinant sur la toiture du fourgon, ce qui n’a pas été du goût du jeune transporteur qui avait réclamé la réparation du léger dégât occasionné à son fourgon.Une altercation verbale s’en suivit, le transporteur recevra un coup de couteau de la part de l’agresseur du même village.Le transporteur succomba à la blessure au cours de son évacuation vers la polyclinique de Ouadhias. Il rendra l’âme en cours de route.Qu’est ce qui pousse nos jeunes à avoir “la gâchette” aussi facile ? La question reste posée en absence de psychologues, sociologues sur le terrain. La daïra des Ouadhias a ainsi vécu son deuxième drame en moins d’un mois, où un jeune homme s’est fait tuer lui aussi à coups de couteau par son voisin.La maison de jeunes de Ouadhias s’est dotée d’une caravane de sensibilisation et de prévention qui sillonne les villages et quartiers pour atténuer un tant soi peu le phénomène de la violence et de ses ingrédients “naturels”, la toxicomanie, la drogue et l’alcool. Elle est composée d’un jeune psychologue recruté dans le cadre du pré-emploi, d’un médecin bénévole de la polyclinique de Ouadhias et d’éducateurs spécialisés. Ses moyens restent très limités.Les villageois qui désirent accueillir cette caravane se heurtent aussi à des difficultés liées à l’absence d’espaces de rencontre. Nonobstant ces difficultés, la caravane s’est déplacée à travers quelques villages de la daïra de Tamekadbout, Aït Djemaâ, Cheurfa, Ighil Imoula et Aït Abdelmoumène.Pour bien accomplir la tâche qui lui est dévolue, cette caravane doit être encouragée par les municipalités locales afin de lutter contre tous les fléaux sociaux qui gangrènent la région.
M. O.
