Par Hadjira Oubachir
Dans les arts africains les femmes sont fortement valorisées. Les statues ou statuettes qui les montrent dans leur vécu de femmes sont faites par des forgerons ou des sculpteurs car un régime de castes interdisait aux femmes ces métiers. Ces statuettes d’une grande beauté les représentent dans des poses qui témoignent de leur participation à tous les moments importants de la vie, si elles ne sculptent pas elles ont été de tout moment potières brodeuses de fins tissus décoratrices de maison.
Dans les villages soninkés, en Mauritanie, la peinture est une tache collective. Si dans la construction des maisons il n’y a rien de nouveau, le style de la peinture des femmes est personnalisé. C’est le cas dans la ville de Oualata dont la tradition de construction est unique puisque rendue splendide grâce aux décorations de femmes. Elles exécutent des motifs abondants avec le doigt sur les portes et à l’intérieur des maisons. L’extérieur est repeint après chaque saison des pluies. La femme africaine à une place reconnue dans tous les arts. Qu’elle soit traditionnelle ou moderne elle est présente dans les arts du spectacle comme au cinéma ou dans la littérature, la danse et la musique. Si pendant longtemps, elle n’a pas été sculpteur, c’est elle, dit-on,qui insuffle le pouvoir et la magie aux sculptures des hommes !
L’Afrique créatrice
D’après la légende, Ifé, la vieille cité Yoruba est le lieu ou les divinités créatrices débutèrent la création du monde. Ifé et Bénin sont devenus célèbres à travers le monde par la découverte des chefs d’œuvres artistiques en bronze ou en terre cuite. Il s’agit d’un art de cour qui vise à célébrer les fastes du royaume. L’art d’Ifé est le plus ancien. Il a produit des œuvres magnifiques dont la plupart ont été volées par l’expédition britannique de 1897. La célèbre «porteuse de coupe» du maitre de Buli de l’ethnie luba-Emba se trouve au musée de Belgique après avoir été volée pendant ou après la colonisation. Les œuvres d’Ifé sont des terres cuites ou des laitons réalisées par la technique de la cire perdue.
La technique de la cire perdue
La technique de la cire perdue consiste à confectionner d’abord la sculpture en cire autour d’un noyau de terre, puis on revêtait la cire d’une couche d’argile dans laquelle on ménageait un orifice. Ensuite l’argile était chauffée et la cire s’écoulait. Le creux ainsi aménagé à l’intérieur de la masse d’argile avait donc la forme exacte de la statue à réaliser il suffisait d’y faire couler du laiton fondu, d’attendre qu’il se consolide et de briser l’argile pour obtenir la statue le travail de laiton, la sculpture sur bois ou sur ivoire, le travail de fer, du cuivre, le tissage ou la fabrication des tambours, toutes choses nécessaires aux rites de la cour étaient l’affaire d’artistes spécialisés hiérarchisés depuis l’apprentissage jusqu’à la maitrise avec leurs rues et leurs sanctuaires réservés
Les chefs d’œuvres d’Ifé n’ont rien à envier aux meilleures statues grecques pour la perfection plastique, elles ont quelques choses de moins froid et de plus humain Elles représentent des hommes simples qui expriment chacun une expérience de la vie de tous les jours par la main d’artistes anonymes ou connus. Les statues expriment chacune, selon sa position ou les traits du visage, la tristesse le défi ou la nostalgie. Elles représentent aussi les moment forts de la vie des palais, le tumulte des guerres ou la vie sereine des paysans. Ousmane Sow est le plus représentatif de la sculpture contemporaine et le plus reconnu au monde. Il est sénégalais, vivant en France depuis 1957.
Toute l’histoire de l’Afrique défile à travers ses statues hautes de plus de deux mètres. Des sculptures qui célèbrent les peuples d’Afrique ornent les paysages occidentaux comme le pont des arts à Paris. qui attire un public incroyablement nombreux.
Il a entre autre réalisé la statue de Victor Hugo pour la journée de l’exclusion et de la misère laquelle statue est installée «Place des droits de l’homme» à Besançon. Une autre statue de bronze est dédiée « aux immigrés sans papiers ». Le continent africain abrite une grande variété de cultures dont chacune se caractérise par des formes artistiques. L’Art africain reflète la richesse de l’histoire, des religions, des mythes, des cultures de chacune de ses nombreuses sociétés, multiples ethnies qui la composent.
Il était une fois …
Un pays appelé Bénin. Il atteignit son apogée avec Ewaré le grand, au 15ème siècle. Il fût à la fois grand médecin et grand soldat. Il arrive au trône en 1440, conquit, dit-on, deux cent milles villes et villages, ouvrit de belles routes à travers le pays, embellit la ville de Bénin et plaça aux neufs portes des charmes magiques pour la défendre. Il fit venir des sculpteurs sur ivoire et sur bois. Ce grand roi qui avait, semble-t-il, voyagé jusqu’au Congo et la guinée, ne manquait pas de dureté à l’occasion. C’est ainsi qu’à la mort de ses deux fils, il ordonna un deuil national de trois ans pendant lequel personne ne devait porter d’habits ni prendre un bain ni avoir des enfants. Une révolte s’ensuivit, à laquelle Ewaré le Grand, n’échappe que grâce à l’aide de son esclave.
Au 16e siècle Oba le souverain était un monarque absolu. Quand il apparaissait méticuleux, pompeux et sévère c’était comme le détenteur suprême des secrets magiques qui peuvent engendrer la pluie ou le beau temps. Sous un bon Oba, disait –on, la ville s’améliore ; sous un mauvais, elle se gâte et s’abime. A méditer…
H. O.
