La Dépêche de Kabylie

Le village de Boumadène organise son traditionnel N’wal

Pour célébrer l’arrivée des premières pluies de l’automne, le village de Boumadène, dans la localité de Boumahni, organise chaque année la fête traditionnelle N’wal.

Cette année, les villageois, en plus de l’aspect traditionnel qu’ils veulent sauvegarder et les jeunes du village à travers le mouvement associatif représenté par l’association culturelle, ont voulu donner à cet événement une dimension historique.

En effet, pour ceux qui ne connaissent pas Boumadène, il est utile de rappeler que la population de ce village a subi les affres de l’exode après une opération menée par l’armée française le 17 octobre 1959 à cause, dit-on, des soupçons qui pesaient sur les habitants, accusés d’abriter les combattants de l’ALN. D’ailleurs, à ce jour, les vestiges d’un camp de prisonniers installé par les colons dans une colline située près du village, sont toujours visibles au milieu d’un cimetière, où furent enterrés des victimes de l’armée coloniale.

Ce lieu symbolique abrite chaque année, la fête du N’wal pour laquelle le comité de village consacre de longues journées pour assurer un bon accueil aux visiteurs, nombreux à venir partager avec les villageois des moments de communion, de convivialité et surtout de consolidation des liens sociaux entre les villages du douar de Boumahni et même des localités voisines.

Le rendez-vous de l’automne de cette année, a drainé des milliers de personnes attachées aux traditions, notamment les familles qui n’y sont pas revenues dans leur village représentent un moyen de se ressourcer. Marquée par une organisation parfaite, le N’wal de Boumadène revêt un cachet particulier, du fait qu’il se déroule au cœur du douar de Boumahni. En somme, en plus du plat traditionnel (le couscous) servi à chaque visiteur, le mausolée est devenu en l’espace d’une journée un lieu de prédilection pour formuler des vœux et recevoir la baraka du saint de Taourirt sous le regard des vieux du village, disponibles dès le début de la waâda dans la matinée, à accueillir les pèlerins et à recevoir en même temps leurs offrandes.

M. Haddadi

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