Le mur de tous les dangers

Le nouveau siège de la subdivision des infrastructures de base (DIB) réceptionné par le wali lors de sa dernière visite à M’chedallah, présente des anomalies qui laissent perplexe le moins averti des citoyens. Cette bâtisse flambante neuve qui est un véritable bijou sur le plan architectural en R+1 est d’abord réalisée à la sortie nord de la ville de M’chedallah au creux d’un grand virage en épingle à cheveux c’est-à-dire, prise en sandwich par cette route en lacet. D’un espace très réduit pour ce service, qui en plus, des bureaux pour le fonctionnement administratif, doit disposer d’un espace libre pour son matériel de travaux publics, d’un atelier pour les réparations mécaniques, l’entretien des routes, les pièces détachées et les plaques de signalisation. La deuxième anomalie qui saute aux yeux est le non respect de… l’alignement par rapport à la route qui n’est autre que la RN30 ; l’escalier de la sortie principale de ce service, constitue la bordure de la route sur laquelle, elle a grignoté au point où il est pratiquement impossible d’obtenir un seul centimètre d’élargissement étant donné que de l’autre coté, se trouve un précipice. Ce tronçon n’a pas bénéficié des aménagements de modernisation dont les travaux de la première tranche sont réceptionnés ; cet endroit restera un point noir, témoin de l’anarchie et du « passer outre » de la réglementation en vigueur.

Cette bâtisse étant inclue dans le périmètre urbain du chef-lieu de la daïra et de la commune de M’chedallah, ce qui nous a poussé jusqu’à aller vérifier si la réalisation de cette bâtisse a été autorisée par un permis de construire ; le maire auquel nous avions posé la question, a répondu par l’affirmatif. La dernière et non moins révoltante aberration constatée est la démolition du mur de clôture d’une longueur de 80 m de long et 1,50 m de hauteur réalisé en dur suivant la forme du virage, un mur prolongé en hauteur par un ouvrage d’art en ferronnerie.

Ce n’est qu’une fois que les travaux terminés sur cette clôture que l’on s’est rendu compte, qu’il représente un danger de visibilité pour la circulation routière, d’où la nécessité de sa démolition à laquelle s’attèle une équipe d’ouvriers équipés de marteaux et de masses de 5kg, une scène qui tire des sourires d’impuissance et de révolte aux passants qui assistent à un lamentable gaspillage.

Qui va payer la facture des matériaux perdus auxquels s’ajoute celle de la main-d’œuvre utilisée pour la construction, ensuite la démolition de ce mur de clôture? Personne n’a pu nous éclairer ou nous donner la moindre explication lors de notre passage dans les bureaux de ce service ce mercredi, « motus et bouche cousue », telle serait l’instruction donnée aux agents selon une indiscrétion et cela est visible à leurs visages des agents dont la plupart sont des connaissances, et dont on a déchiffré une gêne apparente de ne pouvoir répondre à nos questions, ce qui nous a contraints à battre en retraite, soucieux qu’on était à ne pas mettre en danger leur… pain. Une contrainte qu’on rencontre au niveau de plusieurs administrations où l’accès à l’information est difficile pour ne pas dire impossible ; soit le responsable est absent, ou en réunion qui se prolonge démesurément dans le temps et quand il est présent, il nous renvoie à la cellule du chef-lieu de la wilaya. Mis à part la direction de l’Agriculture qui nous a promis d’instruire les subdivisionnaires afin de faciliter la tâche à la presse, ce qui nous éviterait sans aucun doute des tâtonnements pénibles à l’avenir, un point positif à inscrire à l’actif de cet organisme.

Oulaïd Soualah