‘’La priorité sera accordée aux fonctionnaires »

Devant cette situation, le gouvernement a pris récemment des mesures contenues dans la loi de finances complémentaire 2009, qui accordent des facilités aux fonctionnaires en matière d’accès au logement. Cette catégorie de travailleurs peut ainsi, bénéficier de prêt à un taux symbolique de 1% seulement pour acquérir un logement.

Ces nouvelles dispositions intéressent les banques qui se disent prêtes à accorder ce type de crédit aux fonctionnaires, notamment le la Cnep qui s’est engagée dans le parrainage de ce projet. Par ailleurs, il est à rappeler que les dispositions légales ont été prises dans le cadre de la loi de finances complémentaire.

Toutefois, il reste que les textes d’application sont toujours en cours d’approbation. Lors de sa communication l’invité de la Chaîne III, le P-DG de la Cnep Banque, Djamal Bessa a indiqué que « si on fait appel au secteur bancaire pour consentir les crédits à taux bonifiés, les banques en place seront prêtes à prendre en charge ce type de dossiers ».

Interrogé sur la catégorie des fonctionnaires qui peuvent bénéficier de ces dispositions, M. Bessa a souligné que le texte général de loi utilise le terme général de fonctionnaire. Ainsi les banques attendent les textes d’application pour voir avec précision quelles catégories de fonctionnaires pourraient bénéficier de ces taux bonifiés.

Mais à la première lecture des textes, il n’y a que les agents de l’Etat qui en bénéficieraient. Sur un autre plan, il a signalé que les textes d’application pourraient désigner le trésor public comme financier et que ces financements seraient consentis sur des ressources budgétaires.

Dans ce cas précis, les banques n’auraient pas à intervenir pour gérer ce type de crédits.

S’agissant du taux bonifié, il a indiqué que le différentiel serait payé par l’Etat, vu qu’il consent cette bonification aux fonctionnaires. « Le taux bonifié de 1% permettrait un meilleur accès au logement à une couche plus large de la société pourvu que ces logements existent », dira-t-il, avant de poursuivre : »La solvabilité des ménages bénéficie de tout l’intérêt des pouvoirs publics, mais reste le problème de l’offre de logements, qui est actuellement loin de répondre à la demande de plus en plus grande. « 

Pour régler le problème de l’offre, M. Bessa estime qu’il faudrait développer les entreprises de réalisation pour qu’elles puissent développer leurs parts de marché. Interrogé sur les montants de crédits alloués pour le financement des différentes formules de logements, il a souligné qu’au niveau des banques, le montant dépasse les 150 milliards de dinars pour le logement promotionnel, dont près de 100 milliards sont au niveau de la Cnep.

Il convient de savoir que le crédit au logement connaît en Algérie une évolution de l’ordre de 10 à 15% en fonction des banques.

Les programmes en cours de la Cnep en matière de logement sont axés sur les deux types de programmes qui sont la location-vente dont une partie a été réalisée, et une autre en cours de réalisation pour une enveloppe budgétaire de 53 milliards de dinars. Il y a également un vaste programme de 19 000 logements de type promotionnel en cours de réalisation à différentes phases d’avancement sur l’ensemble du territoire national, pour un montant de 25 milliards de dinars. 9 000 des 65 000 logements AADL (location-vente) qui connaissent un grand retard malgré une surliquidité estimée à 8 milliards, sont déjà achevés. Une autre partie sera réceptionnée incessamment. Le reste se fera en fonction des dates de livraison. Nonobstant cette décision salutaire, il reste que le nombre de logement vacant non distribué dépasse le 1,5 million, alors que des milliers de familles souffrent de la précarité

Y. Maouchi