Mohand Seghir Zemouli, un homme, un symbole de resistance

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Octobre 1959- Octobre 2009, 50 ans après être pris pour cible par un convoi militaire français au lieu dit Ifri El Djemmaa El Vir, à l’intérieur d’une grotte.

Cette dernière qui avait servi, selon des témoignages, d’abri pour les résistants durant le soulèvement de la Kabylie en 1871 avec El Mokrani, servira plus d’un siècle plus tard, de refuge aux glorieux résistants de l’A L N.

Cette grotte qui témoigne aujourd’hui des affres qu’a subies la Kabylie sous le joug colonial français, «serait une mine datant d’une époque antérieure à l’invasion française», précisent d’autres témoignages.

Située au nord-est du chef lieu de wilaya de la commune de Boudjellil, elle domine la vue à partir du sommet qu’elle occupe. Cette cachette servant de zone de repli pour les valeureux combattants est un haut lieu de la résistance algérienne face au colonisateur.

Evoquer ce lieu, c’est se remémorer inévitablement l’horrible opération « jumelles » lancée par l’armée coloniale contre les maquis de l’ALN en Kabylie en 1959. Selon des témoignages, le colonel Amirouche disait que cette grotte « est une cachette géniale pour les moudhajidines, mais il faudra improviser une autre issue de secours »

Le 16 octobre 1959, la grotte fut assiégée par l’armée française. A l’intérieur toute une organisation s’y trouvait. Entre militaires gradés et autres responsables, le nombre avoisinait les 75 éléments. Pendant 13 jours, un déluge de feu s’est abattu sur la grotte afin d’extirper les résistants qui s’étaient réfugiés à l’intérieur. Au bout de trois jours, d’encerclement, témoigne un rescapé «Un djoundi est sorti, mais vu l’acharnement de certains éléments de l’armée coloniale sur lui, il avait fini, malgré lui, par divulguer les secrets de la grotte » et d’ajouter que « le pauvre fut torturé sauvagement à mort»

Quelques jours plus tard, une offensive avec des bombes lacrymogènes fut lancée par les militaires français contre les occupants de la grotte qui avaient fini par se rendre un après l’autre. Ils étaient condamnés à de lourdes peines. Toujours selon le témoignage de Mohand – Cherif Zemouli, «Plusieurs condamnés ont péri sous les tortures» Parmi les survivants de cette tragédie de la guerre d’Algérie, on peut citer Saadi Ali, Zemouli Mohand –Cherif, Rabah Et Mahmoud, Moussaouio Larbi, Hchakel Sadek, Cherrared Mahmoud, Hechache Rabah, Merzouk Mohand Arav, Laatouz Dai.Ces lieux resteront à jamais des symboles de résistance pour les générations futures. Ils témoigneront de ces années de feu et de guerre qui ont abouti à l’indépendance du pays.

Ferhat Zafane

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