En effet, durant tout le week-end, le personnel éducatif de cet établissement ont mis du leur pour avertir, attirer l’attention des adultes et des jeunes afin de tirer la sonnette d’alarme. Une campagne d’affichage à travers la ville a été assurée mais également dans l’enceinte de l’établissement mettant à l’index les peines et les conséquences qui en découlent du fait de l’exploitation des enfants. Les encadreurs et la brillante psychologue se sont surpassés pour essayer de prémunir les moins jeunes des aléas du monde actif lorsqu’il est entamé précocement. Dans son intervention, la psychologue insistera : « La place d’un enfant ne doit pas être ailleurs qu’à l’école, faire travailler un petit bambin précocement est un crime et une honte pour l’humanité en général. Pour s’épanouir, grandir et croître correctement, les mineurs ne doivent pas être forcés à fournir des efforts comme des grands. Les intenses efforts physiques continus laissent malheureusement des séquelles souvent irrémédiables, allant jusqu’à handicaper moralement et physiquement l’enfant. Les droits des enfants et leur protection doit coûte que coûte être sauvegardés ». Une projection de CD et de vidéo s’en est suivie et un débat avec les enfants présents a eu lieu. A un enfant qui voulait savoir comment fera une famille dont le père est décédé ou gravement malade pour vivre ? L’intervenante répondra : « D’abord, il y a la maman, puis il y a aussi les grands frères et le reste de la famille et puis il y a l’assistance sociale qui doit aussi aider ce genre de famille mais il n’est pas question d’avoir recours au travail des enfants ». En suivant le débat, nous avons remarqué, faut-il le dire, que nos enfants savent beaucoup de choses et lorsqu’on leur offre une opportunité, ils s’expriment et délient leurs langues, une occasion que n’a pas raté la psy pour leur inculquer de nouvelles idées. Dans l’après-midi du vendredi, l’encadrement a prévu en parallèle, d’honorer une figure bien connue dans le monde des arts martiaux ; au départ, il était question de commencer par de l’animation artistique mais par solidarité et par compassion avec la commune voisine de Souk El Tenine qui a perdu sept de ses meilleurs enfants dans le lâche attentat du jeudi matin, les organisateurs ont annulé ce volet et après avoir observé une minute de silence à la mémoire des sept martyrs, les jeunes sportifs de Mechtras ont exécuté des démonstrations plutôt réussies devant le maître Edjkouane qui, bien sûr était heureux et très ému. Des présents et des hommages de l’ensemble des Mechtrassois lui sont rendus. Dans son intervention, Chikh Farid dira : « Je remercie l’ensemble de ceux qui ont pensé à ma modeste personne ; certes, nous avons bataillé comme nous l’avons fait souvent mais finalement, nous n’avons accompli que notre devoir, aujourd’hui, je vois que la relève est assurée, cela est de bonne augure. Merci à vous tous ».
H. O. T.