Vers la radicalisation du mouvement de protestation

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Le mouvement de grève initié par les étudiants du département des langues étrangères de l’université d’Alger est en passe de s’inscrire dans la durée.

Et pour cause, les revendications qui étaient à l’origine du mécontentement des étudiants sont restées insatisfaites après la rencontre qui a regroupé, avant-hier, les chefs de départements et les délégués des étudiants. Le portail donnant accès au département des langues a été maintenu hier scellé, par les étudiants. Les étudiants se sont rassemblés et ont réitéré le mot d’ordre de grève illimitée et ce, jusqu’à satisfaction de leurs doléances, qui sont au nombre de douze. Entre autres, on citera : la suppression de la réorientation, l’affichage du corrigé-type après chaque épreuve, baisser la moyenne de rachat, la suppression du système de quotas, le droit au rattrapage et à la synthèse pour tous les étudiants, l’instauration du système de dettes. La pétition initiée par le comité autonome des étudiants a réuni près de 1 000 signatures. Lors d’une virée effectuée hier au campus de Bouzaréah, les étudiants nous ont fait part de plusieurs irrégularités qui, affirment-ils, étaient à l’origine de leur grogne : des copies d’examens de nombreux étudiants ont été égarées, suite à cela, le doyen les a autorisés à refaire l’année, alors que le chef de département leur a signifié un niet catégorique.

Des étudiants ayant obtenu 9,20 de moyenne sont admis, leurs camarades, avec 9,70, sont ajournés. Hichem, 3e année anglais et membre du comité déclare à l’intention de ses camarades : “Finalement, on essaye de nous mener en bateau en temporisant. On veut nous avoir dans la nasse… Il y a un colloque auquel participeront des étrangers qui est prévu pour lundi prochain. Ils ne veulent pas que l’on nous voie en grève.”

Des dizaines de voix lui rétorquent : “On ne reprendra pas cours sans que nos doléances soient satisfaites.”

Fatiha, 4e année français, affirme : “Les étudiants persistent et les responsables ne font pas preuve de volonté pour apporter des solutions aux multiples problèmes que posent les étudiants. Au contraire, ils brouillent les cartes”. Souad, 2e année au même département, lui emboîte le pas : “On ne nous a même pas donné l’occasion de passer le rattrapage, on a eu une moyenne inférieure à 7/20… Entre les examens du deuxième semestre et ceux de la synthèse il n y avait que 20 jours. Comment réviser ? On est pris de court par le temps”. Les étudiants affirment que la fuite en avant des responsables ne fera qu’accentuer leur grogne. “Si on ne répond pas à nos doléances, surtout celles liées à la pédagogie, on compte organiser prochainement une conférence de presse et l’idée de sortir dans la rue pour une marche est envisagée par les étudiants”, confient les membres du comité représentant les étudiants.

Ahmed K.

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