Faisant office de gare routière s’étendant sur plusieurs hectares, celle-ci continue de faire la Une des discussions des habitués des lieux qui ne savent plus où donner de la tête pour réclamer son réaménagement. Cet espace sensé être une vitrine pour la ville du Sahel, compte tenu de sa situation géographique situé en plein carrefour de l’axe routier reliant Bgayet à Jijel par la RN 43 et la capitale des Hauts-Plateaux, Sétif via la RN9 n’a pas encore atteint la place escomptée en matière de dessertes et moins encore l’organisation interne du créneau des transports sujet à une anarchie indescriptible.
En effet, la décrépitude de cette gare est largement illustrée par le déversement des agrégats sur la surface non revêtue côté est qui, selon le témoignage des habitués des lieux, contribuent au rétrécissement de la plate-forme et provoque de la boue à chaque averse. Pas loin, ce sont les locaux construits dans le cadre de l’emploi de jeunes qui ont fait objet d’actes de sabotage et qui continuent, au grand dam des usagers à abriter des désœuvrés et autres fripouilles devenus les véritables maîtres des lieux dès la tombée de la nuit. Les malheureux voyageurs des différentes lignes locales et nationales, ne trouvent à leur grande stupéfaction, ni cadre propice pouvant atténuer un tant soit peu les affres de l’attente, ni siège où l’on peut tenir son mal en patience, ni même un abri conforme pouvant les protéger de la canicule ou des averses de la saison hivernale. « L’endroit choisi est superbement bien étudiée pour servir de gare routière, hélas l’infrastructure est très loin de répondre aux besoins des milliers de voyageurs », témoigne un jeune ouvrier de la région de Ziama Mansouriah, qui pointe de doigt les Abribus qui s’offrent au décor. « C’est un gaspillage d’argent sinon que peut faire cette baraque en plein hiver ? », s’interroge notre interlocuteur.
Le bloc sanitaire resté fermé pour des raisons occultes nous renseigne tout simplement sur l’état des lieux d’où résulte un acte d’incivisme rétrograde et honteux, faisant des vespasiennes un lieu hideux et lugubre qui reflète le laisser-aller des chargés de sa gestion qui ont apparemment jetés l’éponge devant une situation qui se dégrade au fil des temps et des odeurs nauséabondes qui se dégagent à longueur de journée.
Contre toute attente, ladite station ou gare, peu importe la dénomination, est accessible aux taxis dont des espaces leurs sont exclusivement réservés sans toutefois que les chargés de sa gestion daignent y mettre le holà pour revêtir et prendre les mesures pour identifier l’espace.
« L’essentiel est d’avoir cet endroit ! » abrège un chauffeur de taxi. Pour la section syndicale qui se dit préparer une riposte d’envergure dans les tous prochains jours, les lieux doivent impérativement reprendre leur fonction initiale et aucun prétexte ne doit être avancé par des investisseurs qui doivent s’impliquer. « La gestion des lieux ne fait que le malheur de nous autres et nous ne pourrons aucunement continuer à payer les frais d’une régie fictive », dira M. Aïssani Layachi, porte-parole des transporteurs qui n’est pas allé du dos de la cuillère pour fustiger les chargés de la réglementation du créneau transports.
« Les voyageurs sont embarqués de partout, du centre-ville, devant la polyclinique, à proximité de la CNAS sans aucune plaque signalant un arrêt de bus. A quoi sert donc une gare routière ? », s’est interrogé M. Aïssani.
Au fait, qui est chargé de la gestion de cette gare routière restée quatre années après sa mise en service sans clôture ? Y’a-t-il un cahier de charges régulant le contrat de location ?
De toutes manières, sous d’autres cieux, la gare routière est un repère, un espace de rencontre et de découvertes qui requiert une attention particulière de la part de la… municipalité !
Rabah Zerrouk
