L’ultime escale

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Plus que des discussions sur la mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur, la réunion d’aujourd’hui revêt un caractère tout à fait particulier. Et les raisons ne manquent pas. A commencer par le fait que les deux parties, qui ont consommé l’essentiel des points contenus dans le document d’El Kseur, n’ont plus droit à l’erreur et sont tenus, plus que jamais, par l’obligation de résultats. En plus des chapitres sur lesquels les deux vis-à-vis se sont entendus, il ne reste apparemment qu’à trouver les instruments juridiques pour la mise en œuvre des points aussi sensibles que l’officialisation de la langue amazighe. Autrement dit, la question serait déjà réglée si ce n’est le  » handicap  » de la constitution qui a quelque peu bloqué la situation. Et c’est autour de cette problématique que se dérouleront les pourparlers à partir d’aujourd’hui. C’est du moins ce qu’a laissé entendre l’une des figures du Mouvement citoyen, Farès Oudjedi, que nous avons joint hier par téléphone. Notre interlocuteur a précisé que le round de cette fois-ci peut durer plus longtemps que prévu.  » Peu importe le temps que cela prendra, l’essentiel est de parvenir à la satisfaction de la plate-forme d’El Kseur « , dira le délégué d’Akfadou qui s’appuiera sur les dernières déclarations faites par Ahmed Ouyahia à l’Assemblée nationale. Le chef du gouvernement avait en effet fait savoir que  » la plate forme d’El Kseur sera mise en œuvre selon les accords signés entre le gouvernement et le mouvement citoyen des archs, dans le cadre du respect des lois de la République « . Cette phrase prononcée au mois de mai dernier devant les députés à l’occasion de la présentation de la politique générale de son gouvernement suffit aux délégués de comprendre qu’il s’agit là d’un autre engagement public de la part de l’Etat pour la mise en œuvre des clauses contenues dans la plate forme adoptée dans la ville d’El Kseur un certain 11 juin 2001.Cependant, certains points déjà élucidés et ayant fait partie de ce qui est appelé  » les incidences  » restent encore insatisfaits à ce jour. Il s’agit notamment de la manière avec laquelle les députés de la région seront concernés dans l’application du protocole additionnel signé en janvier 2004 relatif à  » la révocation des indus élus « . Les élus locaux ayant effectivement quitté leurs postes au courant de la semaine précédente, le sort des députés n’est vraisemblablement pas scellé même si ces derniers peuvent se targuer d’avoir un mandat national. La problématique posée par la non introduction de certaines localités de la wilaya de Bouira sera aussi discutée lors de la rencontre qui débutera ce matin. Sur tout un autre chapitre, il est fort probable que le président de la République s’exprime sur le dialogue en cours entre les archs et le gouvernement lors du discours à la Nation qu’il prononcera ce dimanche devant les cadres de la Nation. Ce sera probablement une occasion d’annoncer la date des élections partielles en Kabylie et d’autres décisions relatives au dossier. Il faut noter dans ce sens que, d’après Farès Oudjedi, il n’y a pas de liens directs entre la rencontre d’aujourd’hui et le discours de Abdelaziz Bouteflika, pour la simple raison que  » la rencontre a été prévue depuis bien longtemps « . En tout état de cause, la rue kabyle attend beaucoup de cette rencontre pour atténuer la souffrance de la région et passer à des dossiers qui toucheront directement le citoyen à savoir la diminution du chômage et la relance de l’activité économique.

Ali Boukhlef

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