La Dépêche de Kabylie

Le café bien dosé, un vieux souvenir

Aucune marque de café moulu n’a gardé son goût d’origine au point où l’on répugne presque à le toucher.

On a beau réclamer un café fort (bien serré selon l’argot des cafetiers) rien à faire — aucun cafetier ne peut satisfaire au désir de ses clients en raison de la qualité de la poudre de marque — dont la composante est fort douteuse.

Le même constat est valable pour les paquets de 250 grs commercialisés au niveau des magasins d’alimentation générale, on s’échine à tester toutes les marques sans pour autant retrouver le goût de la caféine d’antan. Ceux qui ont les moyens de s’offrir un moulin à café se rabattent sur le café en grains. Il reste à déterminer où se situe la cause de la dégradation de la qualité du café ; est-ce au niveau de la torréfaction ? Les dépôts des importateurs ? ou enfin au produit importé lui-même ? Un cas sur lequel doivent se pencher les services concernés. S’il y a bien un produit de consommation qui ne peut souffrir d’aucun autre mélange sans que se produise une répercussion négative impossible à masquer (ou à faire avaler) c’est bien le café. Nos ancêtres le désignent sous le sobriquet de « noble » (thacherifth en kabyle dérivé du mot arabe Charaf « honneur »). Reste à savoir à quoi est dû le changement de la saveur du café et sa répercussion sur la santé du consommateur. Dans les années 80, durant une période de pénurie totale du café, des énergumènes ont utilisé les pois-chiches grillées et moulues mélangés à un peu de café en poudre et on obtient un breuvage qui ressemble vaguement à du café qu’ils servaient à leurs clients. D’autres ont opté pour un autre procédé beaucoup plus perfectionné qui consiste à récupérer le marc du café déjà utilisé, qu’ils se contentaient d’assécher et servir de nouveau et plusieurs fois de suite. Après le sucre mélangé à du sel l’année passée, (dénoncé dans ces mêmes colonnes) ajouté au cas de ce café, espérons ne pas rencontrer des cendres dans les sacs de semoule et de la farine, comme ça été le cas, pour l’aliment du bétail auquel il a été mélangé de la sciure de menuiserie (coupeaux). Q’attendre de plus dans un pays où chaque activité légale est doublée d’une autre parallèle, et qui fonctionne à plein régime en toute… illégalité ? Y compris dans les circuits de distribution et de conditionnement de ces matières sensibles dites à large consommation qui échappent à tout contrôle. En plus de la qualité douteuse de ce café, les prix du paquet de 250 grs qui était de 100 DA en 2008, a fait un bond de plus de 40 DA ; il est cédé à l’heure actuelle à 140 DA le paquet accompagné de l’inséparable sucre qui était à 60 DA/kg qui affiche aujourd’hui 80 DA gagnant 20 DA d’une seule traite.

Les deux qui vont de pair sont cédés à 220 DA soit une augmentation globale de pas moins de 60 DA en une année.

Oulaid Soualah

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